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vendredi 3 septembre 2010   || Inscription
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Le 7 mai, à l´ISEP (Institut Supérieur d´Electronique de Paris) un atelier sur le management des risques par l´intelligence économique organisé par le Forum Atena a réuni des intervenants de haut niveau pour répondre à la question suivante : comment peut-on répondre à la crise par l´intelligence économique ?


Un panorama sans complaisance de la crise


A en croire l´ensemble des intervenants, l´intelligence économique est la seule réponse valable dans une économie en crise. Bernard Bosson, chargé de mission auprès d´Alain Juilhet, et Jean-Claude Possin onr commencé par dessiner un panorama sans complaisance de la crise et des idées recues qui s´y attachent. Selon Bernard Bosson, il y a des discours effrayants et contradictoires sur la crise : la crise est dominée par un macro-pessimisme ambiant et par un micro-optimisme. Des mécanismes classiques laissent la crise se propager, et la crise a transformé une société devenue anxiogène. Qu´est-ce qu´une crise et à partir de quand date-t-on la crise ? L´effondrement des subprimes, la canicule, le 11 septembre ? Il y a des crises intermittentes et des micro-crises dues à des situations particulières (pétrole, grippe aviaire, grippe porçine, stress etc…) Mais la crise représente pour les PME la capacité de sortir des sentiers battus, et la crise a du talent, car elle change les comportements. Il cite en exemple le développement des énergies durables et de la préoccupation écologique face à la crise.
« On ne franchit une crise qu´avec des partenaires, et une crise se caractérise par un décloisonnement. Pour lire la crise, il faut être à plusieurs. C´est pourquoi l´intelligence économique existe ». L´intelligence des risques permet d´éviter une crise : c´est donc un métier nouveau qui émerge dans les entreprises, et sur lequel l´ISEP a apporté une réponse en terme de formation continue (voir l´interview de Denis Beautier).


Il faut cartographier les risques


Jean-Claude Possin, quant à lui, a abordé le thème des risques sous l´angle du chef d´entreprise, qui n´a jamais le temps d´appréhender tous les risques. Pour lui, « il faut cartographier les risques et c´est l´intelligence des risques qui permet de le faire ». Il peut y avoir une délégation de pouvoir du chef d´entreprise vers le responsable de l´intelligence des risques.


Pratiquer l´art de la guerre


Bernard de Vautrey, Conseiller du Président, en charge de l´Intelligence Economique pour Orca Security, une société de conseil, Intégration et Formation en Intelligence Economique et Sécurité, émaille son discours de citations pour le rendre plus intelligible. Pour lui, comme pour Léonard de Vinci, « ne pas prévoir, c´est souffrir »
L´espionnage économique est une réalité et il ne faut pas sous-estimer le rôle des agences comme la NSA (National Security Agency. Il cite en exemple l´échec des avions Rafale dans un appel d´offres dont la NSA a eu écho.Résultat : les Américains ont été prêts en 2h pour répondre, et les Français en 4-5 jours, alors que le produit des Américains était, selon Bernard de Vautrey, moins bon que l´avion Rafale.
Pour trouver une bonne stratégie d´intelligence économique, il faut, selon lui pratiquer l´art de la guerre : « Il faut se mettre dans la peau de l´attaquant », détaille-t-il, et orienter l´adversaire vers des fausses pistes comme des leurres. La guerre économique US-Europe dans ce domaine existe, et elle est le fait de fonds de pensions comme Carlyle ou encore IntelQ.
Pour gagner, Bernard de Vautrey propose une stratégie en cinq actes :
- il faut savoir cibler nos propres agresseurs
- il faut identifier les menaces
- il faut identifier les informations à protéger
- il faut déterminer les scénarii de prédation.
- Il faut constituer un « shadow cabinet » (cabinet de l´ombre), qui détermine l´action à adopter en matière d´intelligence économique.

Selon lui, la routine et la négligence sont les pires ennemis de l´intelligence des risques. Il cite quelques exemples à l´appui : la Lexus est une voiture issue de l´intelligence économique, le Tupolev russe est une copie exacte du Concorde. En terme de défense, il faut savoir déposer des brevets, et notamment des brevets-leurres. Il faut se méfier des salons, des téléphones portables, et des contrats qui associent cabinets français et cabinets US. Il faut savoir gérer les départs, et faire attention aux sociétés de nettoyage. Bref, sans être paranoïa, il faut être très vigilant.

Jérôme Bondu, du cabinet d´intelligence économique Inter Ligere qu´il a fondé, établit qu´il y a un risque sur l´image que l´on projette. Selon lui, la gestion de l´image est un territoire nouveau à conquérir. Une employée de Cisco s´épanchant sur Twitter a été licenciée pour avoir écrit qu´il fallait peser le pour et le contre entre un boulot qui paye bien, et un boulot qu´on déteste déjà… Les réseaux sociaux sont de redoutables concierges, et l´image que l´on donne de nous sur Internet est de plus en plus difficile à contrôler.

Enfin, Jean-Philippe Baur, avocat, a livré une plaidoirie appuyée sur le thème du savoir. Selon lui, le savoir est le seul actif qui ne se dévalorise jamais, et il ne faut pas le perdre.

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