BorderLayoutBoxedLayoutOpenLayout Maximum textMedium textSmall text
lundi 21 mai 2012   || Inscription
BanniereFormations
 

Depuis les années troubles qui ont suivi sa naissance, l’EPITA (Ecole Pour l’Informatique et les Techniques Avancées) a beaucoup fait parler d’elle. Mais ce temps est derrière nous et l’EPITA s’impose bel et bien comme une formation de référence dans le domaine de la sécurité des systèmes d’information.


On ne peut plus affable et plus enthousiaste que Joël Courtois, le directeur de l’EPITA. Par le froid polaire de ce début janvier, il se précipite pour offrir un café revigorant et nous diriger vers deux interlocuteurs de valeur pour témoigner du talent de l’école dont il est le directeur, à savoir Sébastien Bombal, responsable de l’option SRS (Systèmes, Réseaux et Sécurité), et Laurent Trébulle, directeur des relations entreprises. Située dans deux bâtiments en périphérie de Paris, à la bordure de la Porte d’Italie, l’EPITA, membre du groupe Ionis, accueille aujourd’hui pas moins de 1 200 étudiants.

L’informatique, un métier à part entière

Et d’abord la question désagréable. L’EPITA, a été accusé dans le passé d’élever un vivier de hackers pas toujours fréquentables. Qu’en est-il aujourd’hui ? Joël Courtois tient à remettre les pendules à l’heure : « à l’origine de l’EPITA, il y avait une personne, Patrice Dumoucel, qui basait son approche de l’enseignement sur une conviction simple : l’informatique allait devenir un métier à part entière. Sa vision était bonne », tempère Joël Courtois, mais ses méthodes n’étaient pas toujours très orthodoxes.

Déjà passionné par la sécurité, celui qui présidait alors aux destinées de l’EPITA estimait que ses étudiants étaient les meilleurs, et leur laissait pirater tout ce qui leur tombait sous la main, au motif que ce qui était piraté était mal protégé, et que les étudiants ne faisaient que révéler les failles des systèmes. Quelques faits d’armes de cette nature ont établi pour quelque temps une réputation sulfureuse de l’EPITA, réputation dont elle s’est défaite aujourd’hui, au profit de celle d’une école dont le sérieux et la compétence ne sont plus à prouver.
« Ces années ont fait du tort à l’EPITA, et il y a eu parfois une hostilité très forte des autres structures d’enseignement, mais un travail de longue haleine a été mené pour que l’EPITA existe telle qu’elle est aujourd’hui », explique Joël Courtois. Les instances dirigeantes de l’école y veillent soigneusement. « Il est clair que, dans une école comme la nôtre, nous travaillons sur des audits de systèmes d’information et des tests d’intrusion. La sécurité fait partie de la démarche de l’ingénieur EPITA. Mais nous établissons un contrat moral avec nos étudiants, ils sont beaucoup plus sensibilisés sur ce que l’ont peut faire et la ligne que l’on ne doit pas franchir. L’Ecole a adopté une attitude beaucoup plus ferme et plus professionnelle, et nous n’avons pas de soucis avec nos étudiants. Il ne doit plus y avoir d’action illicite. Nous avons rédigé une Charte Déontologique, avec un code et des outils de contrôle. Nous surveillons tout ce qui sort de l’école », souligne Joël Courtois, désireux de faire le point.
Signe des temps, l’EPITA est devenue fréquentable pour des institutions comme le ministère de la Défense, la préfecture de police, le ministère de l’Intérieur, mais aussi des entreprises comme Thalès, Solucom..., « qui sont présentes à notre forum », signale Laurent Trébulle.

L’EPITA, école privée membre du groupe Ionis depuis 1994, qui compte aussi dans ses rangs l’EPITECH et l’ESME Sudria, est une école d’ingénieur qui recrute sur dossier et épreuves et accueille chaque année 250 élèves de terminale sur 1 000 candidats, tous passionnés d’informatique, pour un cycle qui dure cinq ans, dont deux ans de classe préparatoire et trois ans de cycle d’école d’ingénieur. Le diplôme délivré à des promotions de 250 à 300 étudiants chaque année est habilité par la CTI (Commission des Titres d’Ingénieur), et il est aussi possible de poursuivre son cursus par des masters spécialisés. Par contre, la formation représente un véritable investissement : les frais de scolarité se montent à 6 500 euros par an en classe prépa, et à 8 000 euros par an en cycle d’ingénieur dont une bonne partie peut être financée par les stages rémunérés.

Jusqu’à 18 ou 20 heures de travail par jour !

L’organisation des études est rigoureuse : « en classe prépa, le niveau de mathématiques est proche de celui d’une prépa classique » indique Joël Courtois. « Par contre, on y fait peu de physique et pas de chimie. Tout l’enseignement est centré sur l’informatique. Le cursus représente une véritable immersion dans l’informatique pendant cinq ans », souligne-t-il. Les études, centrées sur la technique et les aspects opérationnels, sont dures, exigeantes, et demandent un travail personnel très important. « Pour réussir à l’EPITA, il faut avoir envie de se donner à fond, posséder un niveau scientifique suffisant, et un bon niveau d’anglais » poursuit le directeur. « Nos étudiants sont confrontés à la réalisation de projets en équipe qui peuvent demander jusqu’à 18 à 20 heures de travail par jour. Le volume de travail est phénoménal, mais nous partons du principe que cela peut leur servir dans leur vie professionnelle. Cela leur permet de connaître leurs limites, et de tester leurs capacités à s’organiser. Mais un étudiant n’est jamais laissé seul avec des problèmes non résolus, nous avons mis en place un système de tutorat où des élèves de troisième année peuvent aider, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, des étudiants de première année en difficulté. Les élèves de dernière année sont très fiers d’être sélectionnés comme tuteurs. Si un étudiant de première année a un problème à trois heures du matin, il trouve un tuteur pour l’aider. L’EPITA ne s’arrête jamais et les salles informatiques sont ouvertes 24h/24 », précise Joël Courtois.
Réalité ou intox ? De fait, dans les salles informatiques que nous visitons, l’ambiance est studieuse et concentrée, les ordinateurs ronronnent et les étudiants ne se laissent pas facilement distraire de leurs occupations. Emeric Laroche, ancien élève de l’EPITA, témoigne : « quand un étudiant se retrouve bloqué en situation d’abandon, il y a toujours un tuteur pour l’aider. C’est important dans notre formation », souligne-t-il.
Pages: 1 de 2 Page suivante