Une enquête Mazars, « Audit des risques liés aux systèmes d´information :
quelles pratiques au sein des entreprises françaises ? »

Après son enquête sur la gestion des risques en 2007, et la mise en évidence de l´importance qu´attachent les entreprises au contrôle de leurs systèmes d´information, Mazars a souhaité aller plus loin, et comprendre comment, et par qui, est appréhendée la gestion des risques informatiques.
En effet, au-delà des seules considérations techniques (sécurité des systèmes d´information, disponibilité des données, procédures de confidentialité etc.), les contraintes réglementaires imposent aux entreprises de maîtriser leur système d´information.
La maîtrise des SI sort donc aujourd´hui du seul domaine – technique – des Directions des Systèmes d´Information (DSI), et entre désormais dans celui du contrôle interne.
Pour comprendre la place actuelle de la maîtrise des risques liés aux systèmes d´information, une enquête a été menée auprès de 134 organisations afin de comprendre de quelle manière se sont structurées les entreprises en termes de contrôle des systèmes d´information et quelle place elles accordent à l´audit de ces derniers : le plan d´audit couvre-t-il les risques informatiques de façon suffisante ? Les entreprises disposent-elles en interne des ressources nécessaires ? Et dans l´affirmative quelles sont elles ? Autant de questions auxquelles l´enquête tente, entre autres, de répondre.
« Cette enquête fait ressortir que la notion d´audit informatique est parfaitement identifiée et utilisée dans les entreprises qui intègrent ce sujet à leur plan d´audit, ou plus généralement à leur stratégie de contrôle dans plus de 60 % des cas. Pourtant la gestion du risque global lié aux systèmes d´information reste assez souvent confiée aux DSI, et aux directions qui les utilisent » explique Olivier Lenel, associé de la ligne de métier Management du Contrôle interne de Mazars.
« Ce rattachement technique aux DSI – s´il semble paradoxal compte tenu des enjeux liés à la maîtrise du SI, s´explique probablement par le fait que la fonction d´audit interne des SI est encore jeune, et est en général constituée d´effectifs réduits : seules 18% des entreprises ont des effectifs dédiés à l´audit des SI, leur existence remonte à moins de 6 ans, et 80 % des équipes sont composées de moins de 4 personnes ! ». « L´enquête, si elle démontre une réelle sensibilité de l´entreprise aux questions de la maîtrise des risques relatifs aux systèmes d´information, confirme aussi assez largement le manque de moyens engagés pour donner aux dirigeants et administrateurs une assurance raisonnable quant à la maîtrise de ce risque global », ajoute François Nogaret, associé de la ligne de métier Management du Contrôle interne de Mazars.
Les domaines clés de l´audit interne des SI- Sécurité physique et logique
- Architecture des systèmes d´information
- Examen critique des processus informatiques
- Analyse de l´organisation de la fonction informatique
- Conformité réglementaire (Bâle II, SOX, Cnil, Solvency II, archivage fiscal, traçabilité, …) ou aux règles internes
- Evaluation des plans de secours
- Lutte contre la fraude
- Revue des projets informatiques transverses
- Analyse de données
- Analyse de migrations de systèmes
- L´audit des systèmes d´information – pierre angulaire de l´audit interne – couvre un champ d´investigation très large, et requiert des compétences spécifiques et très diversifiées. Conscientes du caractère stratégique de l´audit des SI, les entreprises, ne disposant pas de ressources dédiées suffisantes, recourent très souvent à des prestataires externes à même d´émettre une opinion sur la qualité et la maîtrise des risques de leur système d´information.
Principaux enseignements de l´enquête- Des entreprises inégalement soumises à une réglementation contraignante
Les entreprises interrogées sont à 34% soumises à une réglementation spécifique en matière de contrôle interne (Bâle 2, Solvency 2, Sarbanes Oxley, etc.). Ces contraintes réglementaires concernent naturellement au premier chef les entreprises du secteur banque/assurance.
- Des entreprises plutôt sensibles à la maîtrise des risques
Les entreprises interrogées sont à 29% fortement sensibilisées au sujet de la maîtrise des risques, et à 59% moyennement sensibilisées. Par ailleurs, 61% des entreprises interrogées ont engagé une démarche de cartographie des risques.
- 62% des entreprises interrogées intègrent un département d´audit interne
La taille de l´entreprise conditionne nettement la création d´une fonction d´audit interne, avec un palier à 400M€ de chiffre d´affaires, seuil au-delà duquel cette fonction est quasiment systématiquement représentée. L´enquête démontre que les départements d´audit interne ont une vocation systématiquement généraliste, et, 61% d´entre eux ne disposent que d´un effectif inférieur ou égal à 5 auditeurs.
- Une sensibilité avérée aux risques liés aux systèmes d´information…
35% des entreprises perçoivent une forte exposition (et 47% une exposition modérée) aux risques liés aux systèmes d´information.
-… mais une prise en compte inégale de l´informatique dans les plans d´audit
38% des entreprises ne mettent pas en œuvre d´audit des systèmes d‘information.
Parmi les freins à l´utilisation de ce type d´expertise mis en avant par les entreprises, on compte :
- la rareté des compétences d´auditeur des systèmes d´information au sein de l´entreprise
- la difficulté à convertir un objectif d´audit classique en objectif d´audit informatique
- l´ignorance que certains pans d´une mission d´audit peuvent être totalement délégués, ou dévolus, à des auditeurs des systèmes d´information.
La charge relative impartie aux systèmes d´information au cours des missions d´audit reste assez limitée :

- Auditeurs internes des systèmes d´information : une fonction en devenir ?
Seulement 18% des entreprises ont choisi de mobiliser des effectifs dédiés à l´audit des systèmes d´information.
L´existence récente de cette fonction dans l´entreprise (moins de 6 ans en général) et son effectif limité (80 % des équipes sont composées de moins de 4 personnes), peuvent expliquer en partie son rôle encore restreint, et son rattachement parfois technique aux Directions des Systèmes d´Information.
Quant à la question de l´autonomie des auditeurs des systèmes d´information dans l´exercice de leur mission, elle semble a priori limitée. Plus de deux tiers des entreprises rattachent en effet systématiquement l´audit informatique à des missions d´audit plus larges.

Les compétences des auditeurs des systèmes d´information sont utilisées sur des sujets variés et les entreprises se focalisent manifestement plus sur l´audit des systèmes d´information que sur l´audit par les systèmes d´information.
Le nombre annuel de missions d´audit de systèmes d´information reste faible (dans près de 70 % des cas le nombre des missions d´audit informatique réalisées sur un an est inférieur à 5). Cette situation ne contribue pas à faciliter la capitalisation et l´industrialisation du métier.
Les travaux des auditeurs des systèmes d´information intéressent un public assez large, et au premier chef le top management (Direction Générale, Comité d´audit, Direction de l´audit interne).
- 82% des entreprises ont fait le choix de ne pas avoir d´auditeurs dédiés aux systèmes d´information
Pourquoi ?
La première raison semble triviale, mais c´est une réalité : parce que le coût est trop important. La deuxième, c´est que des prestataires externes en sont chargés, et que les bénéfices attendus de ce type de prestations semblent trop faibles face à l´investissement qu´elles nécessitent, si on souhaite les réaliser en interne.
Les entreprises qui n´ont, à l´heure actuelle, pas d´auditeurs des systèmes d´information dédiés ne prévoient pas de créer cette fonction dans 65% des cas. Ceci est caractéristique d´une demande d´expertise soit ponctuelle, soit très diversifiée et spécialisée, pour laquelle on préfère faire appel, chaque fois que nécessaire, à des ressources (ou à des prestations) externes.


Le recours à des prestataires externes répond à un besoin précis et immédiat. Il s´agit d´une attitude réactive, bien plus que préventive, face à d´éventuels risques liés aux systèmes d´information. Ainsi, il semblerait que dans la grande majorité des cas, il n´y ait pas de programmes d´audit spécifiques dans ce domaine ; la mise à disposition de ressources internes dédiées n´est donc pas justifiée.
Le recours à des prestataires externes se traduit indifféremment par une externalisation totale des travaux ou, de façon moins tranchée, par un apport technique aux équipes d´auditeurs internes.
Ces travaux « à la demande » auprès de prestataires externes couvrent principalement des prestations de trois natures distinctes :
- la validation de l´architecture des systèmes ;
- la validation de la sécurité logique ;
- la validation du plan de continuité.
Pour mieux interpréter cette situation, le recours à des prestataires externes, en dehors des commissaires aux comptes, semble être effectué chaque fois qu´une mutation importante intervient dans les systèmes d´information et que l´opinion d´un tiers apparaît indispensable