Par Sylvaine Luckx le 01/09/2010

Dans la tourmente médiatique que provoque le démantèlement des camps de Roms et leur reconduite dans leur pays d'origine, une information est passée inaperçue : il y aurait recours à la biométrie pour éviter que les Roms qui ont été ramenés en Roumanie ne tentent une deuxième fois le passage en France.
Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, a annoncé jeudi dernier que 400 camps illégaux de Roms avaient été démantelés et que 700 personnes devraient être reconduites vers leur pays d’origine, la Roumanie ou la Bulgarie.
Quand à Eric Besson, ministre de l’Immigration, il fait valoir que : « ce sont des reconduites dans le pays d’origine. C’est ce que dit la loi et nous appliquons la loi », qui reconnaît que les personnes expulsées « pourront revenir en France puisque c’est la loi, mais elles ne pourront pas stationner en situation irrégulière et a fortiori recevoir une aide au retour volontaire de 300 euros, plus 100 euros par enfant ». Pour le ministre en charge de l’épineuse question, la prochaine mise en place de la biométrie devrait permettre d’éviter « cette noria, ces allers-retours. Cela va permettre que ceux qui ont déjà reçu l’aide ne puissent pas la recevoir une deuxième fois.»
OSCAR activé dans sa partie biométrique
Selon l’AFP, le fichier Oscar (Outil Simplifié de Contrôle des Aides au Retour), créé par un décret du 26 octobre 2009, est déjà actif sous forme de bases de données comprenant l’identité des personnes ayant bénéficié de l’aide au retour. Il sera activé le mois prochain dans sa partie biométrique.
On ne sait pas si la Cnil a été consultée, ni la forme que prendrait ce contrôle (empreinte digitale, réseau veineux).
En l’état actuel du dossier, ultra-sensible, on ne peut que regretter l’absence d’information sur cette affaire.