mercredi 29 mars 2017    || Inscription
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Mi-décembre, à l’occasion d’une visite à Bruz à la DGA-MI (Direction Générale de l’Armement – Maîtrise de l’Information) Jean-Yves le Drian, ministre de la Défense, a annoncé un certain nombre de mesures en faveur de la cyberdéfense -défensive et offensive. 

Après avoir insisté sur les enjeux du cyberespace, le ministre a rappelé les missions et le cadre juridique de la cyberdéfense. 

Les missions dans le domaine cyber sont au nombre de trois : 
- le renseignement, qui a pour objectifs : 
• de contribuer à identifier nos failles ou nos vulnérabilités potentielles ;
• de détecter des actions hostiles dans le cyber-espace, de les caractériser et éventuellement d’en trouver la source ;
• de mener les investigations nécessaires pour attribuer une attaque, la caractériser, en déterminer les effets, et en découvrir les motivations ;
• de participer aux actions de remédiation ;
• de contribuer à préparer, planifier et soutenir les actions offensives.
- Viennent ensuite les missions de protection/défense, qui couvre, selon Jean-Yves le Drian et en coopération avec l’Anssi, « les opérateurs d’infrastructures vitales, auprès desquels nous pouvons intervenir lorsque la situation le requiert, via des groupes d’intervention rapides ». 
- le troisième pilier est celui de la « lutte informatique offensive », qui intègre « la riposte et la neutralisation ».
Le ministre s’est donc clairement exprimé en faveur d’une posture offensive de la lutte dans le domaine de la cyber. 

Un droit de la légitime défense dans le domaine du cyber ?

D’autre part, il a insisté sur un point important, celui du droit international : « j’estime que le droit, et spécialement le droit international, s’applique au domaine cyber. Ce principe a été d’ailleurs admis par le groupe d’experts gouvernementaux  réunis dans le cadre des travaux de l’Assemblée Générale des Nations-Unies sur la cybersécurité (UNCGE). La France s’est fortement mobilisée en faveur de son action » a précisé le ministre, en ajoutant que « une attaque informatique majeure, eu égard aux dommages qu’elle causerait, pourrait constituer une agression armée au sens de l’article 51 de la Charte des Nations-Unies, et justifier ainsi l’invocation de la légitime défense ». C’est un point important, parce que jusqu’à présent, jamais le droit de légitime défense n’avait été évoqué dans le cas d’une attaque informatique. 

L’ensemble du discours du ministre est accessible à cette adresse : http://www.defense.gouv.fr/ministre/prises-de-parole-du-ministre/prises-de-parole-de-m.-jean-yves-le-drian/cyberdefense-discours-de-jean-yves-le-drian-lundi-12-decembre-2016