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Droit d’accès et comptes à privilèges
Jacques Cheminat / lundi 12 mars 2018 / Catégories: Dossiers

Droit d’accès et comptes à privilèges

Equifax, Deloitte, Uber, les récentes violations de données ont souvent des techniques de piratages différentes, mais un élément commun, obtenir l’accès à des applications critiques comme les bases de données, les bases clients, les informations bancaires. En général ces programmes sont soumis à habilitation et rattachés à des comptes à privilèges. leur protection est donc une nécessité dans un monde de plus en plus ouvert et insécurisé. Dossier publié avec le concours de Kleverware.

La représentation en nuage de points du sujet des droits d’accès et des comptes à privilèges se révèle particulièrement dense. PAM (Privileged Access Management), gouvernance des accès, proxy, serveur de rebond, SSH, RDP, bastion, rotation et coffre-fort des mots de passe, discovery, collecte de logs, chiffrement de bout en bout, sont une liste non exhaustive des termes utilisés. Le sujet est porteur comme le prédit Gartner en estimant qu’en 2020, plus de 40% des PME et grands comptes vont déployer des solutions de PAM pour répondre aux problèmes de sécurité du Cloud.

Pour autant, si ce marché est complexe en se déclinant comme un sous-ensemble de la gestion des identités (IAM), il a évolué avec le temps. Dans une première phase, il se développe autour de la protection des mots de passe des comptes administrateurs et de la technique du coffre-fort, tout en ayant les yeux vers le Cloud. Puis le marché se tourne vers la gestion des accès à travers la technologie du bastion, sorte de boîte noire capable d’enregistrer les sessions, de détecter les comportements anormaux et de s’adapter aux nouvelles exigences comme l’automatisation, l’IA et l’IoT. Enfin, les comptes à privilèges ciblent maintenant les métiers en créant des datarooms, des zones de confiance, dédiées à la direction, les RH ou la finance au sein de l’entreprise.

 

L’ÈRE DU COFFRE-FORT DES MOTS DE PASSE ADMIN

Ce marché est relativement jeune et les anciens réflexes ont encore la vie dure. Selon, une étude menée par Dimensional Resarch pour One Identity, 38% des responsables français utilisent un tableur et 18% gardent les mots de passe des comptes à privilèges sur version papier. La prise de conscience de ces problématiques d’accès a été tardive, se souvient Sébastien Faivre, CTO de Brainwave, spécialiste français de la gouvernance des accès, « elles ont émergé il y a une dizaine d’années, avec les interrogations sur les mots de passe des systèmes Root, le plus haut niveau de privilèges au sein de la DSI et donc un accès à l’ensemble de l’infrastructure de l’organisation ». Ces comptes cristallisent 3 types de menaces : la malveillance interne (un administrateur système mécontent ou un utilisateur un peu trop curieux) ; la malveillance externe (attaque ciblée sur les administrateurs systèmes ou malwares visant les systèmes à privilèges) et l’accident (mauvaise configuration ou erreur de mise à jour).

En 2015, l’ANSSI (Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information) a publié une note de « recommandations relatives à l’administration sécurisée des systèmes d’information ». Elle donne des éléments utiles d’aide à la conception d’architectures sécurisées tout en mettant à la disposition des administrateurs les moyens techniques et organisationnels nécessaires à la réalisation de leurs missions. Les comptes à privilèges y sont abordés.

Bunkeriser les mots de passe

Face à un problème technique, la réponse a été aussi technique avec la création des coffres-forts de mots de passe. Plusieurs acteurs sont présents sur ce marché toujours très dynamique. Le principe général repose sur la centralisation en un seul point, sur site ou dans le Cloud, de la gestion des mots de passe pour les comptes à privilèges. Concrètement, la solution analyse l’ensemble de l’environnement IT pour recenser les comptes à privilèges. « En général, un agent se charge de scanner les annuaires de l’entreprise comme Active Directory sur site ou sur le Cloud Azure, mais aussi des services comme Okta ou G Suite de Google » explique Thibault Behaghel, spécialiste produit EMEA chez LastPass. « Il y a beaucoup de demandes autour des offres Cloud et notre offre permet d’appliquer 70 règles de sécurité », précise le dirigeant. L’agent analyse aussi les clés SSH publiques et privées (OpenSSH, Putty, Tectia, Windows, Linux, etc.). L’administrateur IT peut ensuite décider quels comptes associés aux clés doivent intégrer le coffre-fort. La sécurité des mots de passe s’effectue à travers des algorithmes de chiffrement AES 256 ou RSA 2048. En fonction du degré de sensibilité du compte, l’authentification peut être simple couplant identifiant et mot de passe ou bien forte en intégrant des token, de la biométrie, des serveurs Radius, Google Authenticator ou SAML (Security Assertion Markup Language).

Rotation et révocation des mots de passe

Puis, petit à petit, le coffre-fort a évolué avec des fonctionnalités de rotation et de révocation de mots de passe. Dans le premier cas, le coffre-fort est capable de générer de manière aléatoire des éléments d’authentification. Une fonctionnalité rassurante pour minimiser la menace interne, mais elle facilite également la sécurisation de projets en équipes ayant accès à des données sensibles. Dans un environnement DevOps où plusieurs métiers travaillent à la création et à la production d’applications, il est nécessaire d’accéder et de manipuler des données sensibles comme les bases de données. Affecter des éléments d’authentification pour une durée limitée est donc nécessaire. De même, cette fonctionnalité est utile pour les partenaires et les prestataires qui ont besoin d’accéder à des programmes sensibles.

La révocation des mots de passe sur les comptes à privilèges est essentielle. L’actualité est riche d’affaires mettant en cause d’anciens salariés ayant gardé leurs accès à des applications critiques. Ils peuvent ainsi voler des données, les transmettre à des concurrents ou les vendre sur le marché noir. « Il est donc important de pouvoir supprimer l’ensemble des accès quand un administrateur s’en va. Il faut donc vérifier ses identifiants, connaître les couples (mots de passe, identifiant) de ses accès et les révoquer », poursuit Valérie Husson, channel Sales Mananger France & North Africa de Thycotic, nouvel acteur du PAM, arrivé récemment en France. Une tâche automatisable pour laquelle la direction des ressources humaines peut supprimer les accès dès le départ d’un collaborateur depuis un simple bouton.

 

LE BASTION : LA VIGIE ATTENTIVE ET PRÉDICTIVE

Renforcer la gestion des identités des comptes à privilèges (PIM, pour Privileged Identity Management) sur certains éléments du SI est important, mais les responsables IT réclamaient des solutions de traçabilité des sessions des comptes à haut pouvoir.

Le surveillant en chef des sessions à privilèges

D’où l’idée du PAM et plus particulièrement du concept de bastion. « Le bastion s’apparente à la vidéosurveillance dans un appartement », résume Julien Cassignol, ingénieur avant-vente et responsable de l’activité France pour Balabit. Si la partie coffre-fort s’inquiète des identités et intègre le PAM, le bastion s’intéresse aux couches les plus basses de l’IT, « Nous analysons les flux basés sur différents protocoles : RDP (Remote Desktop Protocol), Telnet, Citrix, VNC et SSH » explique Serge Adda, CTO de Wallix, le champion français du bastion. Dans certains cas, des demandes d’analyses de protocoles spécifiques sont réclamées comme dans le cadre des systèmes industriels et les automates SCADA en particulier. « Certains protocoles sont plus complexes que d’autres, comme par exemple les demandes SQL, il y a autant de parfums que les glaces chez Berthillon », constate avec humour Julien Cassignol.

Sur le plan technique, les PAM du marché s'appuient sur des serveurs proxy et des serveurs de rebond pour scruter les flux des tâches. Concrètement, une connexion par rebond consiste à passer par une machine intermédiaire lors d’une connexion entre deux machines, PC ou serveurs, via les protocoles cités précédemment. Cette technique sécurise l’accès aux applications en déléguant l’injection des mots de passe au serveur proxy pour masquer les identifiants.

Mais ces serveurs savent aussi enregistrer les flux. Ils sont capables de rejouer une session en vidéo au format MPEG4 compressé. « 1 h de vidéo correspond à une taille de 20 Mo », assure Valérie Husson de Thycotic en mettant en avant l’offre Secret Server. Elle ajoute : « l’enregistrement se fait en direct et a un intérêt historique pour savoir ce que l’administrateur a fait ou a essayé de supprimer ».

 

Les yeux doux au DevOps et à l’IA

Forts de la traçabilité en vidéo, les bastions récoltent dans le même temps beaucoup de métadonnées. Une mine d’informations à valoriser via des solutions analytiques et de machine learning. Ces efforts aboutissent à l’émergence de solutions d’UBA (User Behavior Analytics), l’analyse comportementale des utilisateurs. « Nous allons maintenant vers l’expérience utilisateur. A travers cette vidéosurveillance, nous collectons énormément d’informations sur ce qui se passe et s’est passé », précise Serge Adda de Wallix.

Pour Balabit, le machine learning permet d’apprendre et de connaître le comportement des détenteurs d’accès aux comptes sensibles. Julien Cassignol le reconnaît, « le machine learning apprend les habitudes de comportement des administrateurs, il est ainsi capable de déterminer les moindres différences comme la façon de frapper sur un clavier, la répétition de commandes peu ou pas utilisées ». Du côté de Wallix, la partie analytique facilite la création de scénarii, « les gens ont des comportements récurrents et répétitifs sur les applicatifs, si une attitude ne correspond pas, il peut y avoir une alerte ».

Car l’objectif de cette analyse comportementale est double, à la fois pour la prévention et dans le cadre d’une enquête. Les bastions sont paramétrés pour lancer des alertes en cas de comportement anormal, voire bloquer immédiatement le compte, si le risque est important. La priorité est le Cloud et l’accompagnement du DevOps. CyberArk est clairement dans cette voie. « Aujourd’hui, les comptes à privilèges ne sont plus nécessairement le fait des humains, mais des robots comme les solutions d’orchestration ou les générateurs de scripts », explique Jean-Christophe Vitu, Pre-Sales Director West & South Europe de CyberArk. Et l’histoire pourrait bien lui donner raison, le vol de données d’Uber est à l’origine un accès à des identifiants AWS codés en dur dans un référentiel privé sur GitHub. Le spécialiste du PAM a donc sorti une offre dédiée, Conjur, pour cibler cette population et cette méthode de travail nécessitant rapidité et agilité.

 

GOUVERNANCE DES ACCÈS ET DATAROOM, AU-DELÀ DU BASTION

Si les deux éléments centraux dans le droit d’accès et la gestion des comptes à privilèges sont le coffre-fort et le bastion, il ne faut pas oublier des solutions complémentaires : la gouvernance des accès et les datarooms. La gouvernance des données s’interroge sur le cycle de vie de la donnée, alors que la notion de dataroom étend la notion de zone de confiance et d’habilitation, réservée à l’IT en général et en particulier aux sysadmins, aux dirigeants et aux responsables métiers (RH, marketing ou finances).

La gouvernance des accès, une tour de contrôle pour les PAM

« Les outils de PAM configurent le coffre-fort de mots de passe et les droits d’accès, mais ils n’englobent pas le cycle de vie des accès. Il faut croiser les logs des PAM avec d’autres bases de données comme celles des RH par exemple », confie Sébastien Faivre de Brainwave. Le concept de gouvernance des accès emprunte à la gestion des risques sur le SI et à l’audit. Il donne à un ensemble d’acteurs légitimes la possibilité de suivre l’évolution des identités et des accès des utilisateurs au sein du SI et d’en contrôler la conformité et de répondre aux questions « qui a le droit à quoi, comment et pourquoi. Le contrôle a posteriori, la réconciliation des comptes », poursuit le dirigeant.

Pour mener à bien cet audit, il est nécessaire de réaliser une cartographie. « Nous extrayons des données du SI de manière très granulaire, allant du référentiel RH, l’accès des partenaires, les bases de données, les annuaires (Active Directory, LDAP). Au final, nous dressons un inventaire des droits d’accès », explique Arnaud Fléchard, CTO de Kleverware, également spécialiste français de la gouvernance des accès. Il ajoute, « ce travail donne une vue des droits à pouvoir ou sensibles et facilite la ségrégation des tâches afin d’assurer une véritable séparation des tâches ». Les offres d’IAG (Identity and Access Governance) sont des tours de contrôle et s’imposent en complément de solutions de PAM ou d’IAM.

 

Les Dataroom blindent les données à privilèges

Les comptes à privilèges ne sont plus l’apanage des seuls administrateurs. Le Cloud, la mobilité et même les médias sociaux rebattent les cartes de la gestion d’accès. La direction d’une entreprise, les directeurs financiers, ressources humaines disposent d’accès spécifiques à des ressources sensibles. Mais la protection ne doit pas porter uniquement sur les accès, mais aussi sur le contenu. D’où la création des datarooms, des espaces sécurisés autorisant le partage de documents sensibles. Une offre qui s’adresse spécifiquement aux comités exécutifs des entreprises, manipulant des informations stratégiques (budget, fusions-acquisitions, plan de recrutement ou de licenciement, etc.). La sécurité est assurée depuis le poste de travail « avec une connexion TLS 1.2 entre les serveurs, le passage d’un antivirus sur l’objet transféré plus un chiffrement en AES 256 spécifique et un enregistrement sur disque », assure Alexis Boissinot, responsable de Brainloop France. Pas d’inquiétudes de voir la DSI disposer d’un accès privilégié aux documents, « les gens de l’IT et de la sécurité gèrent l’accès à la porte d’entrée des datarooms, mais pas aux contenus », soutient le dirigeant. Les services en mode SaaS comme Office 365 ou Salesforce sont gérés via des API, « avec un simple glisser-déposer » des objets dans la dataroom.

Les acteurs du marché des droits d’accès et comptes à privilèges

IAM (Identity Access Management) Ilex, Gemalto, GlobalSign, Okta, IBM, AWS, Google 
Coffre-fort de mots de passe Lastpass, Dashlane, Keepass
PIM (Privileged Identity Management) IBM, CyberArk, Balabit, Centrify, CA Technologies
PAM (Privileged Access Management) Wallix, CyberArk, Balabit, Thycotic, CA Technologies, Bomgar
Gouvernance des accès Brainwave, Kleverware, One Identity, Sailpoint
Dataroom Brainloop, Drooms, OOdrive, Intralinks

 

Dossier publié sur le site mag-securs.com avec le concours de Kleverware.


Infos partenaire

Kleverware, éditeur français, est un précurseur depuis 2005 dans le domaine du contrôle des identités et des accès. Avec ses innovations brevetées et la reconnaissance du marché par l’obtention de labels (France Cybersecurity, Bpifrance Excellence…), Kleverware prouve la robustesse de ses solutions, qui sont utilisées par des grands noms depuis des années pour auditer des centaines de milliers de droits tous les jours.

Les solutions de Kleverware sont flexibles et efficientes, que ce soit pour :

  • Les opérationnels de la sécurité, pour savoir rapidement quels sont les droits qui sont réellement donnés aux collaborateurs (cartographie exhaustive) au regard de leur fonction (SOD).
  • Les correspondants Métier, pour leur simplifier les revues de droits et leur offrir un gain de temps sur des taches qui ne sont pas obligatoirement bien comprises (ROI).
  • Vos auditeurs (CAC, Contrôle Interne) à qui vous démontrez que non seulement vous répondez aux préconisations, mais auxquels vous donnerez le reporting idoine.

Les solutions de Kleverware :

Kleverware IAG « Quick Start »

Cette solution ne nécessite pas d’infrastructure, un poste ou une VM suffit. Simple d’installation, elle est efficiente pour l’analyse et le contrôle, cela même pour des milliers d’identités grâce à sa technologie brevetée. Kleverware IAG « Quick Start » vous donne très rapidement des premiers indicateurs (SoD, Comptes dormants, orphelins…) pour une bonne gouvernance de vos identités et de leurs accès. Vous pouvez l’utiliser pour une cartographie exhaustive des droits, établir des tableaux de bord, vérifier que votre PSSI est respectée…

Kleverware IAG « Enterprise »

En complément de tous les avantages la version stand alone, vous bénéficiez d’une solution faite pour vos collaborateurs en charge de la revue des droits et ce au plus près des métiers. Avec ses interfaces intuitives pour les différents rôles (Managers de campagnes, approbateurs…), Kleverware IAG « Enterprise » simplifie grandement le travail qui leur est demandé. Vos collaborateurs vous remercieront d’avoir évolué vers une solution robuste, flexible et reconnue par des entreprises depuis plusieurs années.

 

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Le marché de l’hébergement se porte relativement bien. Les centres de données sont plus sécurisés, de mieux en mieux équipés et s’inscrivent de plus en plus dans une démarche « verte ». Le développement d’usages émergents comme le cloud computing commence à structurer l’offre. Afin d’en savoir plus sur l’état de l’art des hébergeurs, nous avons lancé fin novembre une vaste enquête auprès des plus grands offreurs sur le marché, dont vous trouverez en exclusivité ici les résultats.


La première question portait sur les demandes des clients : certaines réponses ont été classées confidentielles, mais les hébergeurs, dans leur grande majorité, ont accepté de nous répondre. Premier enseignement, les demandes de qualité et de respect des engagements ainsi que d’un standard sur les prestations sont généralisées. Ainsi, Orange Business Services souligne que les clients demandent de « garantir un niveau de service offert, avec un SLA (Service Level Agreement, ndlr) ». Les clients souhaitant aussi, selon Orange Business Services, qu’on leur propose « une plateforme d’hébergement performante, hautement disponible et sécurisée, avec une offre de prix attractive ». Les demandes de qualité, de transparence et de sécurité se révèlent être des constantes.
Les usages sont variés : Agarik, du groupe Bull, précise à cet égard : « Les demandes des clients s’articulent autour de l’hébergement de sites web, portails, portails transactionnels pour du e-commerce, des applications métier, de l’Extranet et des applications de systèmes d’information (stockage, sécurité, sauvegarde). Ces demandes sont orientées dans leur grande majorité autour de l’hébergement dédié physique. [...] Elles se divisent selon la typologie suivante : les grands comptes et administrations publiques pour 49 %, les entreprises du midmarket pour 41 % et les TPE pour 10 %. » Selon Colt Telecommunications, les attentes évoluent. « Nos clients réclament une transformation de notre métier d’hébergeur. La virtualisation a ouvert de nouvelles possibilités », explique Béatrice Rollet, directeur marketing de Colt Télécommunications.

Des accès physiques sécurisés

L’accès physique des sites obéit à une logique implacable de sécurité maximum, 24h sur 24, 365 jours par an. Certains hébergeurs ont d’ailleurs considéré cette question comme confidentielle et n’ont pas répondu. Pour le reste, systèmes de biométrie, caméras de vidéo-
surveillance, cartes à puces, accès sécurisés avec des badges constituent ainsi des standards minimum pour accéder aux centres de données.
Gilles Pecqueron, de Telehouse, détaille le dispositif déployé : « Nous avons une sécurisation physique du site avec un gardiennage 24x7, un maître-chien la nuit, un périmètre clôturé avec chemin de ronde, de la vidéosurveillance. Il existe un sas unipersonnel au niveau des accès, un contrôle physique des accès par agent de sécurité, un système de badges pour restreindre la venue aux zones autorisées. »
1&1 possède, quant à lui, un système ultra-sécurisé : « Le système d’accès est l’un des aspects les plus importants de notre concept de sécurité. En plus de 190 caméras de vidéosurveillance avec enregistrement numérique sur disque dur (pour un data center de 2 000 mètres carrés et 11 salles de serveurs, ndlr), un passage à isolement (une seule personne peut traverser le dispositif à la fois) assure que seules les personnes autorisées peuvent accéder au centre de calcul. Les bâtiments de 1&1 sont accessibles uniquement sur présentation d’une carte à puce ou entrée d’un code PIN. Ainsi, chaque employé n’a accès qu’aux lieux qui lui sont utiles pour exercer son activité », précise 1&1. Orange Business Services indique de son côté que « les mesures de sécurité sont conformes à l’état de l’art. Orange Business Services est certifié SAS 70 type II pour répondre aux exigences de la loi américaine Sarbanes-Oxley ».

Une description détaillée des sites
Au-delà des accès sécurisés, une grande diversité existe au niveau des salles d’hébergement, de leur taille, de leur implantation, de leur équipement électrique, avec la nécessaire climatisation associée, et de leur alarme anti-incendie. Dans une grande majorité de cas, les data centers sont situés sur un ou plusieurs continents, pour répondre à la demande du client (13 data centers en Europe, dont trois dans l’Hexagone, totalisant 2 000 m2 d’hébergement en France pour Colt Telecommunications). Les salles de surface très importante (1 000 m2 pour les plus grandes), sont réparties et cloisonnées en plusieurs lots pour héberger les différents serveurs correspondant à chaque client. Pour Sanef Télécom (la filiale de la société d’autoroutes), le bâtiment est sécurisé avec un système anti-incendie par haute isolation thermique et extinction par gaz inerte. Pour OVH, un hébergeur de taille plus petite, les salles vont ainsi de « 50 à 150 m2, en fonction des besoins de la configuration du bâtiment ».
La plupart des sites assurent un accès sécurisé, répondent à des normes strictes en matière d’équipement électrique et de redondance d’équipements de télécommunications, et sont efficacement équipés pour la lutte anti-incendie. Ils sont tous situés en zone non inondable (référence crue 1910 pour la plupart).
En ce qui concerne le débit télécom, Agarik précise : « Le débit Internet global est de 6 Gbits/s [...] ; les capacités télécoms en cœur de réseau, assurées par des boucles de fibres optiques sur lesquelles nous utilisons de la technologie WDM, est de plusieurs dizaines de Gbits/s. » L’équipement électrique et la climatisation sont dans la plupart des cas utilisés en redondance pour pallier à d’éventuelles pannes. Dans ces cas, on a prévu un équipement bis et des groupes électrogènes de secours pour continuer à fonctionner.
En matière de climatisation et de refroidissement des espaces, certains hébergeurs travaillent avec des systèmes recyclant l’air de l’extérieur. C’est le cas d’OVH, qui précise : « Nous travaillons toujours à améliorer nos éco-salles, reposant sur un refroidissement basé sur l’air extérieur et sans climatisation. » La dépense en énergie est donc considérablement réduite dans ce cas de figure.
La plupart des hébergeurs sont équipés de plusieurs centres de données, dont des sites de secours dans différents emplacements, en France et dans le monde. Internet.fr dispose ainsi de deux sites en France et d’un  autre en Italie, avec « une supervision 24/7 des solutions de monitoring par astreinte sur site et distante ». Les PRA (plan de reprise d’activité) sont ainsi organisés : « Il existe un PRA synchrone avec répartition de charges entre Odyssée et Galvani (ndlr : les deux sites français d’Internet.fr), un PRA asynchrone avec le plateau italien. » Des possibilités d’archivage sont proposées aux clients, notamment dans le cas d’Internet.fr, qui détaille : « Des systèmes de sauvegarde par robots de sauvegarde LTO avec possibilité de duplication/externalisation géographique, archivage en armoire forte ou archivage électronique sur baie de grande capacité » sont ainsi offertes par Internet.fr.

Des certifications et des engagements qualité poussés au maximum
Le niveau de service doit être aussi garanti et les hébergeurs offrent pour la plupart une garantie de disponibilité de 99,9 %, avec des pénalités à payer en cas d’incident et de rétablissement du service avec retard. Orange Business Services souligne à cet égard qu’ils « définissent le SLA comme un contrat de service qu’[ils] doi[vent] respecter (démarche conforme à ITIL V3). Le SLA est un contrat dans lequel Orange formalise la qualité du service pour répondre aux exigences de [ses] clients. Orange Business Services fournit des plans d’assurance qualité et sécurité conforme à ISO 27002 (guide de bonnes pratiques) suivant les exigences des clients ».
Agarik précise de son côté que « des engagements de disponibilité sont assurés avec chaque client. Les engagements de base d’Agarik concernent la disponibilité du réseau et des équipements ». Il mentionne ainsi qu’il peut proposer un GTR (garantie de temps de rétablissement) réseau de 30 minutes, un GTR système d’une heure et un GTR matériel de deux heures. De plus, Agarik a entamé une démarche pour la certification ISO 27001 (système de gestion de la sécurité de l’information).
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