dimanche 24 septembre 2017    || Inscription
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L’analyse forensics est devenue, en quelques années, une étape obligatoire pour bon nombre voire la totalité des enquêtes criminelles, qu’il s’agisse de crime ou délit, informatique ou non. En effet, la numérisation de la société française laisse des traces dans tous les types d’infractions pénales. Citons l’exemple du cas de Mohamed Merah, qui a été pisté notamment par une adresse IP... Mais qu’est-ce qu’une analyse forensique ? Quels sont les types de délits visés, et qui sont les acteurs qui interviennent ? Au coeur des forces de police et de gendarmerie, en lien avec les experts juridiques, Mag-Securs a mené l’enquête.


Forensics : l’informatique légale

Laissons le soin aux acteurs de définir le terme forensics, trop anglo-saxon à notre goût : « les forensics, ou informatique légale en français, désignent l’application des techniques ou des protocoles d’investigation numérique respectant les procédures légales pour recueillir et apporter la preuve numérique. Elle regroupe l’ensemble des méthodes permettant la conservation, la collecte et l’analyse de la preuve numérique en vue de les produire dans le cadre d’une action en justice », précise Myriam Quemener, magistrat, spécialiste de la cybercriminalité, et Procureur Adjoint responsable du Pôle criminel au Tribunal de Grande Instance de Créteil. « Il y a des affaires de cybercriminalité au sens strict comme les piratages informatiques où l’analyse forensics est indispensable, mais on constate de plus en plus que, dans de nombreuses affaires criminelles, l’analyse forensics va être déterminante pour identifier les auteurs, au même titre que l’ADN dans la médecine légale. La plupart des affaires criminelles (escroqueries, trafic de stupéfiants, blanchiment d’argent …) ont aujourd’hui un versant numérique (exploitation des données informatiques, recherche des logs et des traces numériques, exploitation des données des ordinateurs, des portables et des smartphones », complète Myriam Quemener. On se souvient de la tragique affaire Mohamed Merah, qui s’est fait piéger par une adresse IP. De plus en plus d’affaires criminelles comprennent un champ numérique à explorer, ce qui rend nécessaire l’intervention de forces de polices et de gendarmeries formées à ces techniques, ce qu’elles sont de plus en plus, et de spécialistes experts.

Anne Souvira, Commissaire Divisionnaire et chef de la Befti (Brigade d’Enquête sur les Fraudes aux technologies de l’information, lire encadré), en bon policier, définit la chose de manière imagée : « les forensics, c’est comme l’analyse médicolégale. Dans le cas d’un crime de personne, on recherche l’impact, la trace de la balle, le chemin qu’elle a pris… Dans le cadre des forensics, nous sommes les médecins légistes des ordinateurs. »

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