Après l’affaire Michelin, c’est un  nouveau cas qui se pose à Clermont-Ferrand, pour une affaire d’espionnage industriel, avec vol de données confidentielles d’une entreprise. Ce cas épineux, appelé à faire jurisprudence dans le domaine de l’intelligence économique,  soulève de manière de plus en plus prégnante la protection du patrimoine informationnel de l’entreprise.

On lui donnerait le Bon Dieu sans confession, et pourtant... Cette ancienne salariée chinoise, âgée de 53 ans, qui s’exprime en tremblant le 28 août à la barre du Tribunal Correctionnel de Clermont-Ferrand dans un Français quasiment incompréhensible est accusée par son ancien employeur, une importante société de confection thiérnoise pour des clients dans le domaine du luxe, d’avoir dérobé, via une clé USB l’ancien fichier clients et fournisseurs de l’entreprise pour une société concurrente qu’elle créait de son côté.

Maître Olivier de Maison Rouge du Cabinet Lexylis Conseil et Renaud Portejoie, représentant la partie civile, argumentent que leur client a été alerté par l'un de ses fournisseurs chinois, qui lui avait fait savoir qu’il avait été contacté par l’ancienne salariée, laquelle aurait monté une activité concurrente. Cette ancienne salarié, parlant couramment le mandarin, avait en effet été embauchée comme attachée commerciale par la société thiérnoise afin de développer le marché asiatique. Argumentant sur le divorce d’avec son mari pour quitter la société, elle aurait demandé un départ conventionnel, mais aurait dans l’intervalle, en février 2009, monté une activité concurrente en copiant le fichier fournisseurs auquel elle n’était pas censée avoir accès comme attachée commerciale.

Alertée par son fournisseur, la société a donc porté plainte et l’enquête a été diligentée sur le vol informatique de données par une brigade de gendarmes N-Tech. L’urgence a été commandée par le fait que cette salariée s’apprêtait à prendre l’avion.

Pour Maître Olivier de Maison Rouge, l’affaire est claire : « il y a abus de confiance par détournement de biens informationnels, et vol de fichiers », ce qui, selon lui, constitue une première. Maître Renaud Portejoie fait lui valoir que « ce qui est immatériel, c’est la richesse de l’entreprise, et c’est ce qui a été dérobé par cette salariée ». Le représentant du parquet requiert six mois d’emprisonnement avec sursis, pendant que le défenseur de l’ancienne salarié, Maître Bertrand Chautard, parle, lui d’une personne « sérieuse, raisonnable et honnête », et plaide la relaxe.

Le jugement a été mis en délibéré au 26 septembre.



Noter cet article (de 1 = Nul à 5 = Excellent) Valider

Dossier

Droit d’accès et comptes à privilèges

Jacques Cheminat 0 143296
Equifax, Deloitte, Uber, les récentes violations de données ont souvent des techniques de piratages différentes, mais un élément commun, obtenir l’accès à des applications critiques comme les bases de données, les bases clients, les informations bancaires. En général ces programmes sont soumis à habilitation et rattachés à des comptes à privilèges. leur protection est donc une nécessité dans un monde de plus en plus ouvert et insécurisé. Dossier publié avec le concours de Kleverware.
RSS
12



Événements SSI