Suite à l’attentat de Nice qui a fait au moins 84 morts (bilan provisoire), François Hollande a décidé de maintenir le renforcement de la sécurité via une nouvelle prolongation de l’état d’urgence pour trois mois. Il ne s’agit pas seulement de rajouter des militaires dans la rue, mais aussi lutter sur le Net, avec plus ou moins de réussite.

Suite aux attentats du 13 novembre 2014 qui avaient fait 130 morts à Paris, l’état d’urgence était décrété et entraînait une intensification de la chasse aux djihadistes, physiquement mais aussi numériquement. Une loi votée en 2014 autorisait le blocage d’un site suspecté d’apologie du terrorisme, mais au lendemain du 13 novembre, cette loi était renforcée. Désormais, c’est le ministre de l’Intérieur qui décide. Ce dernier peut « prendre toute mesure pour assurer l’interruption de tout service de communication au public en ligne provoquant à la commission d’actes de terrorisme ou en faisant l’apologie ». Un point fortement critiqué par la commission consultative des droits de l'Homme, autorité administrative du gouvernement, qui affirmait que l'intervention d'un juge était nécessaire pour ordonner et contrôler le retrait d'un contenu illicite et le blocage d'un site internet. Après l'attentat qui a frappé Nice hier soir, ce système, tout comme le cadre plus global de l’État d'urgence est reconduit pour trois mois.

Des résultats mitigés

Depuis novembre dernier, le blocage des sites s’est effectivement accéléré. Si "l’état islamique" recule sur le terrain, sa présence sur internet baisse tout autant. Par exemple, en mars 2015, cinq sites avaient été fermés. Parmi eux, al Hayat Media Center, une branche du groupe état islamique chargée de sa communication. En avril, et depuis le 13 novembre, 56 sites avaient déjà tombé le rideau pour apologie du terrorisme. Les internautes qui passaient par leurs fournisseurs d’accès étaient redirigés vers un avertissement du ministère de l’Intérieur.

 

Malgré ces interdictions en pagaille, la Cnil avait, toujours en avril, publié un retour d’expérience sur le bilan de cette stratégie. Sur tous ceux qui ont vu s’afficher cette main rouge, 99% se rendaient sur des sites pédopornographiques, et 1% sur des sites djihadistes. A noter que même si l’individu se connecte via Tor ou d’autres moyens de navigation discrets, le clic est comptabilisé. Bref, les sites internet pro-djihad restent visiblement assez confidentiels. Quant à l'application alerte-attentats SAIP, elle a été inopérante en cette terrible nuit du 14 juillet. Le ministère de l'Intérieur a bien transmis des informations et des mises à jour, mais il semble que celles-ci aient été bloquées chez l'éditeur, Deveryware. Le prestataire a été convoqué aujourd'hui Place Beauvau.  

Et sur les réseaux sociaux ?

L’offensive se mène également sur Facebook, Twitter etc., qui ont la réputation de servir de centre de recrutement à l’État Islamique. Mais la propagande de Daech y a fortement reculé. Le contenu en ligne lié au groupe a chuté de 45% sur Twitter en deux ans. Les comptes des sympathisants sont suivis par 300 abonnés en moyenne contre 1500 en 2014.  Une baisse imputée à la fermeture régulière des pages qui, lorsqu’elles rouvrent, doivent se reconstituer un carnet de followers.

D’autre part, les messages préventifs gagnent en visibilité. Selon Associated Press, 6 contenus anti-EI circulent contre 1 pro-EI. Que ce soit à l’initiative d’associations ou des États, comme en France avec la campagne stop-djihadisme.gouv.fr.

A noter que les réseaux sociaux sont régulièrement taxés de laxisme à l’égard des contenus liés au terrorisme. Parfois même accusés  de participer indirectement à la radicalisation et au passage à l’acte.  Reynaldo Gonzalez, père d’une des victimes du 13 novembre, a porté plainte contre  Google, Facebook et Twitter. Il leur reproche de laisser Daech recruter des membres, diffuser de la propagande, collecter des fonds via leurs plateformes... Un vrai casse-tête pour les gouvernements, même si de ce côté, l’Union Européenne  a récemment obtenue des garanties après la signature d’un code de bonne conduite avec Facebook, Twitter et YouTube qui vise à lutter contre les propos haineux. Dans cette optique, YouTube et la firme de Mark Zuckerberg utilise déjà un système de blocage automatique des vidéos de Daech.




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Dossier

Droit d’accès et comptes à privilèges

Jacques Cheminat 0 144333
Equifax, Deloitte, Uber, les récentes violations de données ont souvent des techniques de piratages différentes, mais un élément commun, obtenir l’accès à des applications critiques comme les bases de données, les bases clients, les informations bancaires. En général ces programmes sont soumis à habilitation et rattachés à des comptes à privilèges. leur protection est donc une nécessité dans un monde de plus en plus ouvert et insécurisé. Dossier publié avec le concours de Kleverware.
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