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2016 a été une année record en matière de failles de sécurité. De récentes études indiquent que le nombre de dossiers exposés a atteint les 4,2 milliards l'année dernière, contre seulement 1,1 milliard en 2013.

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Hier lundi 6 mars, le gouvernement a annoncé que, sur recommandation de l’Anssi, il annulait le vote électronique des Français de l’étranger pour les prochaines élections législatives de juin 2017. 

Dans un entretien documenté à notre confrère NextInpact, Guillaume Poupard, directeur général de l’Anssi, explique hier que « jusqu’au dernier moment, nous avons essayé de faire en sorte que la plateforme soit d’un bon niveau » . « La commission d’homologation n’a pas encore eu lieu, mais au vu des pièces fournies, le ministère ne sera pas en capacité d’homologuer le système. L’avis de l’Anssi est négatif. », explique le directeur général de l’Anssi. 

Un risque d’image pour la démocratie 

Le risque constaté est essentiellement «  un risque d’image ». « On ne peut exclure un risque sur la sincérité, mais ce qui est plus probable, en termes de faisabilité, c’est une attaque majeure qui rende le système indisponible, détruise des bases, etc. avec un impact important sur l’image du fonctionnement de la démocratie. » L’intéressé n’exclut pas non plus des cas « de manipulations fines, pourquoi pas la publication de la liste des Français qui ont voté pour tel candidat. En termes de fonctionnement démocratique, ce serait grave », explique le patron de l’Anssi à NextInpact.

Le site Internet du Monde relate de son côté qu'en 2012, la première année où les Français de l’étranger avaient pu voter par Internet pour les législatives, « tout [s’était] bien passé, mais je peux vous dire que ça a été une journée difficile pour l’Anssi », expliquait M. Poupard lors d’une audition au Sénat le 1er février dernier.

Toujours selon Le Monde, la méthode de vote avait légèrement évolué en cinq ans : en 2012, les électeurs recevaient un identifiant par courrier ou SMS, puis deux mots de passe par courriel – un pour chaque tour de scrutin. Pour 2017, le dispositif prévoyait l’envoi d’identifiants par courriel, puis un mot de passe pour chaque tour par SMS. Selon les explications données à des députés des Français de l’étranger lundi, c’est notamment ce système d’envoi de mots de passe par SMS qui aurait concentré une bonne part des craintes.

Enfin, Guillaume Poupard s’était toujours montré, dans ses interventions, très prudent sur le vote électronique et lui préférait le bulletin papier, meilleure garantie contre le piratage. Le site Internet du Monde rappelle que : « les critiques contre les systèmes de vote par Internet ne sont pas nouvelles et ont été largement étudiées – la commission des lois du Sénat rappelait ainsi, dans un document de synthèse publié en 2014, que la pratique est intrinsèquement risquée, tant sur le plan de l’identification de l’électeur que sur les recomptages a posteriori ».

Enfin, toujours selon Le Monde,  plusieurs gouvernements européens et responsables politiques ont accusé la Russie de mener des opérations électroniques visant à déstabiliser des élections en Europe. Aux Pays-Bas, la possibilité de voter par Internet, qui existe dans le pays depuis dix ans, a été supprimée pour les législatives du 15 mars, le gouvernement évoquant lui aussi des risques de perturbations.

Une pétition contre la décision du gouvernement 

Frédéric Lefevre, député des Français d’Amérique du Nord, a d’ores et déjà contesté la décision de l’Anssi en lançant une pétition appelant à annuler la décision du gouvernement sur Twitter hier.