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2016 a été une année record en matière de failles de sécurité. De récentes études indiquent que le nombre de dossiers exposés a atteint les 4,2 milliards l'année dernière, contre seulement 1,1 milliard en 2013.

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Hier et avant-hier, a eu lieu à l’Unesco, à Paris, un colloque que nous avions annoncé de longue date sur le thème : « Construire la paix et la sécurité internationale de la société numérique ». Une multitude d’universitaires de haut vol et d’acteurs publics et privés ont répondu présents.

Dans ce grand amphi de l’Unesco, les intervenants se suivent et ne se ressemblent pas. Parfois un peu soporifiques, parfois passionnantes, les interventions ont eu le mérite de soulever les questions importantes qui gravitent autour d’un droit de la cyberpaix : Comment construire un concept de légitime défense ? A-t-on le droit de porter « une arme numérique » à la ceinture pour répondre à une attaque, doctrine en vogue aux Etats-Unis (doctrine popularisée sous le nom de « hackback ) ? Comment attribuer et prouver l’attaque ? On a vu lors des élections américaines que ce n’était pas si évident que cela. 

Particulièrement remarquables sur ces questions ont été les interventions du juriste international Théodore Christakis (photo ci-dessous), de l’Université de  Grenoble-Alpes, et sur les questions techniques de Claude Castellucia, de l’Inria. Théodore Christakis a pointé du doigt une possible « escalade » du droit et des mesures d’accompagnement d’une cyberattaque, en allant des négociations pacifiques aux mesures de rétorsion diplomatiques (déclaration d’un ambassadeur persona non grata, rupture des relations diplomatiques etc…), définition d’un « état de nécessité »…

 

Il a surtout, en lien avec Claude Castelluccia, donné une remarquable définition  du « hackback », cette doctrine qui évolue aux Etats-unis et qui s’inspire du 2ème amendement de la Constitution Américaine, lequel autorise tout citoyen à se protéger en ayant le droit de porter une arme.

Appliqué au domaine cyber, cette doctrine consiste à légitimer, au nom de la riposte, n’importe quelle action d’une entreprise, voire d’un particulier, qui voudrait pratiquer une attaque en représailles de celle qu’il a subie. 

Inutile de dire qu’une telle doctrine n’est pas vue de manière très favorable sur le Vieux Continent, et surtout en France. Guillaume Poupard (Anssi), que nous avons rencontré à l’issue du colloque, et dont nous livrerons l’interview dans les pages « Tendances » du prochain numéro, se montre très inquiet de l’évolution de cette doctrine. « Elle nous choque profondément », déclare-t-il. « et elle est surtout techniquement très dangereuse : qu’est-ce qui prouve qu’une entreprise qui a décidé de contre-attaquer ne va pas, par rebond, paralyser une machine zombie qui aura servi de relais à l’attaque et qui sera située dans un hôpital ? ». David Martinon, ambassadeur pour la cyberdiplomatie et l’économie digitale, conclut le lendemain que « c’est une arme qui présente beaucoup plus d’inconvénients que d’avantages ». Dont acte.




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Billet d'humeur

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