A l´occasion du dernier dîner-débat organisé par le Cercle, le Développement Durable, pimenté d´une pointe d´Intelligence Economique, était à l´honneur. A l´heure actuelle, la problématique du Développement Durable (DD) est dans tous les esprits. Les entreprises y sont de plus en plus contraintes ce qui soulève de nouveaux enjeux. Comment allier croissance et DD ? En quoi l´Intelligence Economique peut-elle être utile à ce sujet ? Telles furent les principales problématiques soulevées par cette conférence.

Marc Jozan, coordinateur DD de Total E&P, nous a fait part de son expérience en tant qu´opérationnel en terme de Développement Durable. Comment un opérationnel travaille sur le Développement Durable ?

« Notre groupe énergétique se trouve au cœur de plusieurs enjeux : les changements climatiques, la biodiversité, la croissance équitable... Notre objectif est de travailler sur des comportements, non sur des marchés, et de déterminer en quoi ces différents changements impactent notre métier. » souligne t-il. La question du développement durable se rapproche de plus en plus de la question de la sûreté en entreprise, des biens et des personnes.

« Le problème quand on arrive quelque part, c´est que l´on détruit tout, on casse la structure sociale et l´impact en est très important. » Le danger est, de ce fait, considérable. Le travail sur la gouvernance locale est donc fondamental. « Nous ne ferons des actions efficaces que si le « local » est partie prenante, c´est-à-dire si les institutions sont en accord avec ce qui se passe». Ce que les gouvernements recherchent, ce sont des opérateurs qui sont capables d´évaluer les conséquences sociales de la mise en place du pétrole. « Pour les explorateurs et les producteurs d´hydrocarbures, nous nous engageons à double titre : en gérant au mieux nos impacts et en étant créateur de richesses pour nos parties prenantes ».

« C´est pour le bon exercice de notre responsabilité sociale et environnementale, chacun à sa place, que nous contribuerons ensemble à un développement plus durable pour tous » conclut Marc Jozan.

Pascal Raud, AAIE-IHEDN et SNCF-DI

Selon Mme Gro Harlem Bruntland, premier ministre norvégien, en 1987, le développement durable est « un développement qui répond aux besoins présents sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ».

Le Développement Durable est de plus en plus présent à l´heure actuelle au sein des entreprises, qui se retrouvent plus ou moins contraintes d´aller dans ce sens. Les pratiques des entreprises sont, en effet, de plus en plus influencées par des contraintes réglementaires. On distingue, d´ailleurs, de nouveaux types de contrats pour les entreprises avec les clients, fournisseurs, partenaires pour prouver que l´entreprise est vertueuse. A l´heure actuelle, les entreprises sont obligées de faire preuve de transparence. Il faut, en effet, mettre au grand jour certains savoir-faire de l´entreprise. C´est loin d´être évident en raison de la guerre des chiffres, de l´image, et du discrédit de la concurrence qui sévissent sur le marché.

Les managers vont devoir se poser de nouvelles questions sous un axe différent. Il faut repenser l´organisation au quotidien. Les clients et fournisseurs seront davantage impliqués, informés des pratiques, et des savoir-faire au sein de l´entreprise. Les négociations en seront plus complexes et délicates. Cependant, il ne faut pas voir cette évolution comme une contrainte, car comme le souligne Pascal Raud « le développement durable ne signifie pas croissance 0 ».

Philippe Steuer : l´écologie informationnelle

Dans les années 1980, nous avons connu une forte accélération technologique avec une explosion littérale d´Internet. Successivement sont apparues les notions de « capital immatériel », c´est-à-dire les richesses cachées de l´entreprise, de « net-économie » et de « patrimoine informationnel ».

Philippe Steuer définit Internet comme un cyberespace social transnational. C´est un espace de partage, un espace d´interactions entre des technologies et des êtres humains, dans lequel les contenus, les biens et les frontières sont dématérialisés. Internet est également un espace de piratage. Cependant, le cybercrime n´est autre qu´une transcription de pratiques connues dans le monde réel.

La vague Internet s´accompagne d´un « trop plein » d´informations, qu´il appelle « cyberpollution ». La pollution provient à la fois de l´information et se fait par l´information, ce qui crée une confusion extrême. On se noie dans l´hypertexte sur Internet. On commence, en effet, à avoir l´esprit pollué par trop d´informations. Il parle même de « tsunami informationnel ». Pourtant l´information, à la base, a un rôle majeur et sa maîtrise est porteuse d´enjeux importants. Pour Philippe Steuer, cependant, « il faut savoir qu´à partir du moment où l´on met une information sur Internet, on n´en a plus la maîtrise ».

Internet est donc devenu, selon lui, une décharge informationnelle. Cependant cette vague informatique n´est malheureusement pas que virtuellement polluante. En effet, on retrouve à la fois des déchets virtuels et électroniques. Par an, on totalise environ 1,7 million de tonnes de déchets d´équipements électroniques, soit une moyenne de 14 kg par personne. Il existe donc un véritable risque en ce qui concerne le développement durable.

La question qu´il se pose alors est de savoir comment aider les sociétés françaises à anticiper les changements liés à cette évolution? Comment transformer le développement durable en développement économique. Comment l´environnement peut-il devenir une source de croissance ? Il faut, selon lui, anticiper, comprendre et prendre de bonnes décisions en terme de développement durable. Pour anticiper les changements collectifs en matière d´économie, d´environnement, de social, l´Intelligence Economique représente un apport important, conclut-il.



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Dossier

Droit d’accès et comptes à privilèges

Jacques Cheminat 0 145222
Equifax, Deloitte, Uber, les récentes violations de données ont souvent des techniques de piratages différentes, mais un élément commun, obtenir l’accès à des applications critiques comme les bases de données, les bases clients, les informations bancaires. En général ces programmes sont soumis à habilitation et rattachés à des comptes à privilèges. leur protection est donc une nécessité dans un monde de plus en plus ouvert et insécurisé. Dossier publié avec le concours de Kleverware.
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