lundi 6 avril 2020    || Inscription
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A l’heure où planent des menaces de fragmentation sur le réseau des réseaux, l’Unesco songe à inscrire Internet au patrimoine mondial de l’humanité. Des voix s’élèvent pour réclamer une autorité supranationale de l’Internet.

L’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO) songerait à inscrire Internet au patrimoine mondial de l’humanité, du fait que cet outil compte comme un “héritage du passé, dont nous profitons aujourd’hui et que nous transmettons aux générations à venir”.

5 milliards: c’est le nombre d’utilisateurs de téléphone mobile dans le monde, dont 2 milliards ayant accès à Internet via un réseau fixe et 1 milliard qui s’y connectent depuis un smartphone ou un téléphone multimédia. Toutes ces données encouragent à marquer une reconnaissance de l’Internet au patrimoine mondial. Un trésor qui le mérite bien !

Certaines personnes, dont plusieurs chercheurs, s’inquiètent du devenir de l’Internet. L’Internet qui était né il y a quarante ans pourrait être appelé à disparaître au profit de réseaux entièrement dédiés à des « services gérés » par des opérateurs télécoms et des fournisseurs d’accès. L’Internet d’aujourd’hui, utilisé par tous et pour tout, sera à long terme subtilisé par plusieurs réseaux fermés et sécurisés, autrement dit des « réseaux propriétaires ». Quelle liberté d’utilisation d’Internet reste dans cette perspective ?

La fin de la neutralité du Net

On essaie de régulariser la Toile et l’accès à son contenu. Les organismes internationaux ne manquent pas de souligner les raisons en faveur de la fin de la neutralité sur le Net, comme la lutte contre le piratage des œuvres des industries culturelles, l’interdiction des sites Web à caractère pornographique, la chasse aux jeux d’argent en ligne non autorisés, ou encore la cyberguerre contre le terrorisme.  

Dans tous les cas, l’autorité supranationale devrait concrétiser ce projet,sans brider Internet. Car Internet, selon l’Unesco, « a contribué à l’édification de la paix, à la lutte contre la pauvreté, au développement humain, et au dialogue interculturel par l’éducation, les sciences, la culture, la communication et l’information ».
(d’après maxisciences.com)

Mais quel caractère cette autorité supranationale peut-elle prendre ? Faut-il créer une émanation de l’Unesco, et à quoi servirait-elle ? A surveiller ? A instiller ? A définir un Internet idéal, utile à tous, sans contenu illicite ? Les questions sont nombreuses et l’Unesco n’a pas fini d’y répondre. Il y va aussi de la coopération des Etats entre eux, qui  n’est pas garantie. Plutôt qu’une autorité supranationale, fatalement réductrice, ne peut-on pas songer à garantir dans chaque pays que l’internet devienne un facteur de progrès et de connaissance, à la disposition de tous, plutôt qu’un Internet cloisonné et sécurisé, accessible à quelques initiés seulement ? Internet est un formidable vecteur de la liberté d’expression et doit le rester.



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