samedi 18 janvier 2020    || Inscription
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La situation tourne au cauchemar pour les équipementiers chinois, Huawei et ZTE étant en première ligne. Déjà en bisbille avec les autorités américaines, tourmentés en France, ils ont maintenant maille à partir avec le Canada qui les exclut de la liste des fournisseurs agréés pour son réseau public.

Le Canada prépare actuellement le déploiement d’un réseau informatique gouvernemental. Les autorités ont interdit de facto aux constructeurs chinois de participer à la création de ce dernier, sans les citer nommément : il s’agit pourtant bien de Huawei et ZTE qui en sont écartés. Le gouvernement joue la carte de « l'exception au titre de la sécurité nationale », qui est prévue dans ses accords commerciaux internationaux, comme l’a expliqué Andrew MacDougall, le porte-parole du Premier ministre canadien Stephen Harper. L’exception nationale concerne les appels d'offres pour l'acquisition d'infrastructures, de systèmes et de services groupés rattachés au courrier électronique, aux télécommunications et aux centres de traitement de données, comme le précise Le Point.

Cette décision intervient alors que le sénateur français Jean-Marie Bockel a confirmé une nouvelle fois sa volonté d’interdire les routeurs chinois cœur de réseau en France. Hier, mardi, Cisco annonçait la fin de son contrat commercial avec ZTE, suspecté d’avoir vendu illégalement du matériel en Iran. Un rapport a été rendu public lundi par une commission du Congrès américain sur ces ventes. Ce dernier suggère également que les équipements de ZTE et Huawei devraient être bannis du territoire américain.

Exercice de dénigrement

Huawei est pourtant un acteur connu et apprécié au Canada, où il équipe les réseaux de Bell Canada, Telus, Sasktel et Wind Mobile. Il a qualifié le rapport du Congrès américain comme un « exercice de dénigrement de la Chine », alors que ZTE se décrit comme « l’entreprise chinoise la plus transparente, indépendante, mondialisée, et cotée en bourse ».

« Le gouvernement sera très prudent dans le choix des fournisseurs pour la construction de ce réseau et il a invoqué l'exception au titre de la sécurité nationale », explique Andrew MacDougall. Le ministère concerné a quant à lui expliqué accorder « une grande importance à la cybersécurité et [s'appuyait sur] des conseils d'experts ». Il rappelle que le gouvernement « s'est doté d'une stratégie en matière de cybersécurité pour se protéger contre les menaces, le piratage et l'espionnage électroniques ».




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