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Gilles Babinet, ancien président du Conseil national du numérique, préconise de « fermer » la Cnil, en raison de sa « régulation excessive ». Pour redynamiser la filière numérique en France, il préconise une harmonisation de la fiscalité, une mise en valeur de l'innovation et un engagement fort dans les domaines de l'innovation et de la santé.

Les propos de Gilles Babinet font du bruit dans le paysage numérique français. L'ex-président du Conseil national du numérique, désigné en juin dernier «champion numérique» (« Digital Champion ») de la France auprès de la Commission européenne par Fleur Pellerin, a accordé une interview à L'Usine Nouvelle, pour parler de la filière.

Le multi-entrepreneur ne mâche pas ses mots lorsqu’il essaye d’analyser le retard de la France dans le domaine du numérique : « Si on était courageux on pourrait créer un ou deux millions d’emplois qualifiés en cinq ans. Mais pour cela, il faut arrêter de ménager les susceptibilités. Et d’abord fermer la CNIL (Commission Nationale Informatique et Liberté, ndlr). Avec sa régulation excessive, c’est un ennemi de la Nation. » Il reproche encore qu’en France, le débat sur le numérique soit stérile et inefficace : « Il y a d’un côté les "archéo-rétrogrades" qui veulent conserver un État hypercentralisé et dont la CNIL serait le porte-drapeau. De l’autre, une société civile qui veut moderniser le pays. Mais dès que s’ouvre un débat sur le numérique, il y a toujours quelqu’un pour brandir des questions de préservation de la vie privée ou de sauvegarde de l’emploi ! ».

Fermer la Cnil… et après ?

Gilles Babinet explique que la révolution numérique doit passer par une fiscalité accrue, dans ce secteur. Il appuie ainsi le rapport Collin & Colin sur l’open NPI, qui propose de pénaliser financièrement les acteurs qui n’ouvriraient pas leurs données. D’autre part, il propose de miser sur les compétences françaises, en matière de robotique et de logiciels embarqués, et de créer une filière numérique dans la santé et la dépendance.

La santé et l’éducation sont justement les deux axes forts sur lesquels le numérique doit se concentrer, observe l’entrepreneur français dans son rapport publié aujourd’hui, « Pour un "new deal" numérique », réalisé avec Frédéric Créplet, pour l’Institut Montaigne. Cette publication fait suite à un précédent travail publié en mai 2011, pour le même Institut, intitulé « Le défi numérique – Comment renforcer la compétitivité de la France ? »

Dans ce « new deal », les auteurs proposent des pistes que doivent explorer sérieusement les politiques publiques en matière de numérique. Fondateur de nombreuses start-up dans le domaine, Gilles Babinet appelle l’Etat français à soutenir l’innovation : « L’économie numérique, insuffisamment reconnue comme facteur de croissance, se heurte à un cadre réglementaire et fiscal complexe et inadapté aux besoins actuels de transversalité et de rapidité. », lit-on dans le rapport.

Le document rappelle qu’en France, en 2011, l’économie numérique a représenté plus de 900 000 emplois, soit 91 milliards d’euros. Elle pâtit cependant d’un trop faible investissement dans les entreprises technologiques. « La part des investissements dans le domaine du numérique a été au cours des cinq dernières années de 1,7 % du PIB en France contre 2,5 % à 3 % aux Etats-Unis. », indique le rapport.



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