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Issue de l’accélérateur du Silicon Sentier cette jeune pousse française a émigré aux Etats-Unis pour assurer son développement. L’entreprise « américaine » vient de remporter le prix de l’innovation des Assises de la Sécurité pour son application de sécurisation des documents Office et PDF. En attendant mieux.

A la fin de l’année 2010, Alex Négrea et Clément Cazalot quittent leurs jobs au sein du groupe Gemalto. Ils rejoignent l’entité le Camping située à Paris dans le Silicon Sentier. Cet accélérateur de business aide les jeunes start-ups à démarrer et pour DocTrackr les choses se passent vite et bien puisque la SNCF passe commande en 2011 de leur produit de sécurisation des documents. 

Dans l’histoire de l’entreprise ferroviaire, jamais elle n’avait passé commande à une si jeune entreprise et la décision de s’équiper de DocTrackr est remontée jusqu’au comité exécutif du rail. L’objectif est de contrôler les documents sensibles de la SNCF car le principe du produit est effectivement de suivre à la trace et sécuriser les documents aux formats PDF ainsi que les formats Microsoft Office (à partir de la version 2003). Avec une telle référence, on se dit que le reste ne va être qu’une formalité et que cette jeune pousse va rapidement trouver les fonds pour lui permettre de devenir un véritable éditeur de logiciels et non pas simplement une société de service qui vend de la prestation et se trouve donc obligée de remettre l’ouvrage sur le métier pour chaque nouveau client.

Aller simple pour l'aventure

Que les fonds d’investissement financiers qui ont reçu le dossier de présentation de DocTrackr ne perdent plus de temps à l’étudier. Le Business Plan qui dormait certainement dans un tiroir peut être poubellisé. Nos deux jeunes et talentueux compères n’ont plus besoin d’eux. Des sous :  ils en ont trouvé, aux Etats-Unis, en seulement… un mois et demi. Et les deux fonds qui ont investi dans la start-up ne sont pas franchement d’obscures officines puisqu’il s’agit d’Atlas Ventures et Polaris Partners, le haut du panier pour ce qui concerne les Venture Capitalists américains. Air France est donc le grand bénéficiaire de cette histoire puisque nos trois apprentis capitalistes (un de plus s’était joint à l’aventure) ont donc pris des billets pour Boston… en aller simple ! 

Version Gmail en Freemium

En un an, l’entreprise est passée de 3 à 14 personnes et les recrutements vont continuer. Les contrats avec des entreprises américaines, y compris dans des domaines comme l’aérospatiale commencent à être  signés. A la fin du mois d’octobre va sortir une version pour la messagerie Gmail qui sera proposée – à l’instar des autres versions – en mode Freemium, c’est-à-dire gratuite avec un quota de documents et des fonctionnalités restreintes. Une API va également être rendue publique permettant l’intégration du système dans d’autres applications. Au-delà du modèle Freemium, DocTrackr propose différentes formules commerciales selon les volumes de documents à traiter et des fonctionnalités possibles. En effet, le logiciel permet de crypter et sécuriser les documents mais également de contrôler et suivre sa diffusion, voire de le détruire à distance. Les qualités et l’utilité du produit n’ont pas échappé aux jurés du Prix de l’Innovation des Assises de la Sécurité.

Recherche de partenaires

Pas rancunier et toujours français, Clément Cazalot va développer les équipes en France, ainsi qu’aux Etats-Unis et en Roumanie, en particulier en intégrant des membres de l’équipe de Seesmic, une start-up montée en son temps par Loïc Le Meur (un autre expatrié). Le second axe est le développement d’un réseau de partenaires pour les ventes indirectes, un relais indispensable pour développer le business. Enfin, les équipes vont lancer de nouvelles versions comme l’outil pour Gmail, mais notre homme se montre prudent et discret.

La morale de cette histoire est connue, archi-connue. On sent clairement que si le cœur de Clément est encore en France, sa tête et son portefeuille sont désormais de l’autre côté de l’Atlantique. Et personne ne pourra le blâmer. La chanson est tellement connue qu’elle en devient une rengaine et il faudrait vraiment que l’on change de disque dans notre hexagone.




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