La police américaine s’est peut-être mis hors-la-loi pour arriver à la fermeture de la plate-forme Silk Road en 2013. C’est en tous cas ce que prétendent les avocats de Ross Ulbricht, propriétaire et administrateur de cette plate-forme.

Voilà une histoire qui rappelle furieusement ce qui s’est passé entre Kim Dotcom et Megaupload. En effet, et quoi que l’on puisse penser du fond de l’affaire, il semble que les procédés employés par les Etats-Unis pour aboutir à la fermeture de la plate-forme de téléchargement n’étaient pas nécessairement légaux et c’est notamment pour cela que tout ceci n’en finit pas. L’histoire ayant tendance à repasser les plats, le même mésaventure va peut-être arriver au FBI dans le cadre de la fermeture de la plateforme « Underground » Silk Road, celle-là même qui – accessible via le réseau Tor – faisait commerce de tous les produits et services interdits : drogue, arme, tueurs, pédophilie ….

Le FBI aurait violé le 4ème amendement

Le problème est que pour arriver à la fermeture de cette plate-forme et à l’inculpation de Ross Ulbricht alias Dread Pirate Roberts, la police fédérale américaine a peut-être bien employé des méthodes qui violent le 4ème amendement de la constitution américaine relatif à la vie privée. Et si cette violation est avérée (ce que prétendent évidemment les avocats de M. Ulbricht), c’est toute la procédure qui s’écroule ; indépendamment bien entendu de ce que l’on peut considérer sur le fond et la légalité d’une tel site de « e-commerce ». 

La procédure est racontée en détail par Nick Cubrilovic dans un long article accessible à cette adresse. L’auteur y décrit les techniques possibles pour découvrir la véritable adresse IP d’un serveur qui hébergeait Silk Road. Et il décrit également les explications pour le moins confuses sur la manière dont le FBI affirme avoir procédé. Tout ceci est d’une grande subtilité technique car il est fait notamment référence aux différentes failles existant dans Silk Road, failles qui auraient donc permis au FBI de remonter jusqu’à Ross Ulbricht. Le problème relevé par M. Cubrilovic tient au fait que le FBI aurait bien pris quelques arrangements avec la vérité car si les failles permettent effectivement de révéler des détails sur un utilisateur de Tor, elles ne permettent pas d’avoir accès à des services cachés tels que ceux de Silk Road. M. Cubrilovic décèle également quelques incohérences dans les dates.

Ross Ulbricht pourrait donc passer entre les mailles judiciaires de ce filet à cause d’une erreur de procédure dans un état de droit. Une de plus, une de trop ?



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Droit d’accès et comptes à privilèges

Jacques Cheminat 0 143949
Equifax, Deloitte, Uber, les récentes violations de données ont souvent des techniques de piratages différentes, mais un élément commun, obtenir l’accès à des applications critiques comme les bases de données, les bases clients, les informations bancaires. En général ces programmes sont soumis à habilitation et rattachés à des comptes à privilèges. leur protection est donc une nécessité dans un monde de plus en plus ouvert et insécurisé. Dossier publié avec le concours de Kleverware.
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