La fermeture de Silk Road voici plus d’un an a eu l’effet inverse à celui escompté. Les clones se sont multipliés et le commerce illégal sur Internet connaît une croissance vertigineuse.

L’adage disant que la nature a horreur du vide vient une fois de plus de se vérifier. En fermant SilkRoad voici une année, Le FBI pensait se débarrasser des ventes de drogues ou d’armes qui faisaient le quotidien de la plate-forme. C’est le contraire qui s’est produit. Les clones se sont multipliés et le nombre de produits disponibles comme de transactions progresse chaque jour.

The Economist vient de publier un long article sur les « Amazon du DarkNet » accessible à cette adresse. Ce faisant, ils prolongent un papier publié par Wired au mois de septembre dernier et qui révélait également l’explosion des plates-formes électronique de commerce illégal et le nombre tout aussi croissant de personnes tentées par les rejoindre, qu’il s’agisse des acheteurs, comme des vendeurs.

Facebook via Tor : comme un signal

Accessibles via le navigateur Tor, Silk Road 2.0, Agora, Evolution et une quinzaine d’autres sites n’en finissent pas de progresser. Et à mesure que Tor se popularise auprès d’un public moins « technique », ces sites ont une audience de plus en plus importante et appliquent des stratégies marketing tout à fait dignes d’un Amazon ou d’autres plates-formes normales. Notons d’ailleurs que Facebook propose depuis quelques jours d’accéder au réseau social via Tor, preuve supplémentaire s’il en fallait que le réseau en oignon séduit de plus en plus de personnes soucieuces de préserver leur anonymat et pas uniquement motivées par l’achat d’Ecstasy ou autres fusils-mitrailleurs.

Selon une étude réalisée par la Digital Citizens Alliance (DCA), le nombre de produits disponibles sur les 18 plates-formes de ce genre est passé de 41 000 à 66 000 entre janvier et août de cette année. Agora et Evolution ont accru leur nombre de « références » de 20% dans les deux derniers mois. Sans surprise, l’essentiel se compose de drogues, des plus diverses aux plus variées, même si Evolution tend à diversifier son offre avec des cartes de crédit volées, des informations médicales, des fausses identités ou encore des diplômes universitaires bidons. 

L'obsession du service client

Les raisons de ce succès sont multiples. Pour les vendeurs, l’Internet est beaucoup moins dangereux que la vente physique et certains pensent même que ce type de transactions est de nature à réduire la violence, l’intimidation ou le terrorisme liés à ces activités.

Pour les acheteurs, c’est également l’occasion de trouver des produits de « qualité ». En effet, The Economist relève que pour la fermeture de Silk Road, le FBI avait acheté plus de 100 produits et ils avaient constaté que ces produits avaient un haut niveau de pureté, ce qui est loin d’être neutre. En effet, certaines drogues vendues dans les rues sont truffées de produits encore plus dangereux que la drogue elle-même. La qualité des produits, la sécurité des transactions sont également garantis par un système de notation digne d’Amazon et d’Ebay. Tout est évalué et la e-réputation prend encore plus d’importance que dans le commerce « normal », ce qui constitue tout de même un formidable paradoxe. En conséquence, les vendeurs se livrent à une farouche concurrence, déploient des techniques marketing encore une fois inspirées des grandes enseignes de commerce électronique et font de la satisfaction client leur enjeu N°1.

Réduire la fraude

De même, il est désormais plus difficile de frauder lors de la transaction avec un système de double authentification, les sites proposant une double approbation (vendeur, acheteur, place de marché) sur les trois acteurs impliqués dans un « deal ». Se bâtissent aussi des communautés d’utilisateurs qui tendent à devenir très puissantes et influent sur la réputation des marchands, y compris et surtout pour des produits tels que des cartes de crédit volées. Le satisfait ou remboursé est de mise, certains proposant de tester la nature « active » d’une carte volée achetée afin de valider la transaction.

D’aucuns argueront que s’il a été possible de fermer Silk Road, il devrait être possible de faire de même avec les nouveaux entrants voire avec TOR. La réalité est beaucoup plus complexe car, instruites du précédent Silk Road, les plates-formes sont de plus en plus décentralisées et bougent d’un pays à l’autre. A l’heure où les gouvernements - dont le nôtre - essaient encore de légiférer autour d’Internet sous des prétextes de lois anti-terroristes, il serait bon de leur rappeler l’existence de l’Internet Underground, le Darknet, qui se moque de ces lois comme de sa première chemise.




Autres News Cyber Crime

Noter cet article (de 1 = Nul à 5 = Excellent) Valider

Dossier

Droit d’accès et comptes à privilèges

Jacques Cheminat 0 143933
Equifax, Deloitte, Uber, les récentes violations de données ont souvent des techniques de piratages différentes, mais un élément commun, obtenir l’accès à des applications critiques comme les bases de données, les bases clients, les informations bancaires. En général ces programmes sont soumis à habilitation et rattachés à des comptes à privilèges. leur protection est donc une nécessité dans un monde de plus en plus ouvert et insécurisé. Dossier publié avec le concours de Kleverware.
RSS
12



Événements SSI