Dans la foulée des attentats terroristes qui ont frappé la France et ont coûté la vie de 17 personnes, les ministres de l’Intérieur de 12 pays européens se sont réunis pour envisager de nouvelles mesures de surveillance et de censure d’Internet.

C’était à craindre et cela risque malheureusement de se réaliser. Les ministres de l’intérieur de 12 pays européens (France, Allemagne, Lettonie ; Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Italie, Hollande, Pologne, Suède et Royaume-Uni) viennent de déclarer dans un communiqué commun que bien qu’Internet doive demeurer « dans l’observation scrupuleuse des libertés fondamentales, un forum de libre expression, dans le plein respect de la loi, les fournisseurs d’accès doivent créer les conditions d’informer les autorités dans le cas de contenus qui incitent à la haine ou à la terreur et les conditions de les supprimer, lorsque c’est approprié ou possible ».

On le voit : ceci est dans la droite ligne de ce qu’ont imaginé voici quelques semaines les autorités britanniques selon lesquelles les fournisseurs d’accès pourraient mettre en place des filtres destinés à empêcher les citoyens d’accéder à certains contenus qualifiés d’extrémistes.

Durant la réunion qui s’est tenue à Paris, les ministres ont également indiqué vouloir contrer la propagande terroriste de manière plus positive en développant les contre-arguments. Ils ont déclaré être résolus à « développer des messages positifs, ciblés et facilement accessibles pour contrer cette propagande, tout particulièrement destinée à une audience jeune particulièrement vulnérable à l’endoctrinement ». On ne peut évidemment que se féliciter de ce dernier point mais se pose évidemment la question des moyens qui y seront affectés.

Identifier discrètement auteurs et lecteurs

En revanche, on peut se poser des questions légitimes sur la censure qui pourrait être mise en place et ce pour différentes raisons. En effet, se pose bien sûr le principe de la liberté d’expression, dans le respect des lois. Mais se pose également le principe de l’efficacité de telles mesures. En effet, n’est-il pas plus efficace de laisser – au moins pour un temps – se développer ce contenu afin d’en identifier les auteurs ainsi que les lecteurs et mettre ainsi en place une surveillance discrète, laquelle nous semble autrement plus efficace.

Se pose enfin l’évocation d’un « Patriot Act » à l’européenne qui ne peut susciter que des inquiétudes. D’ores et déjà la question agite les partis politiques et les différences se font jour au sein même des partis.




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Jacques Cheminat 0 143983
Equifax, Deloitte, Uber, les récentes violations de données ont souvent des techniques de piratages différentes, mais un élément commun, obtenir l’accès à des applications critiques comme les bases de données, les bases clients, les informations bancaires. En général ces programmes sont soumis à habilitation et rattachés à des comptes à privilèges. leur protection est donc une nécessité dans un monde de plus en plus ouvert et insécurisé. Dossier publié avec le concours de Kleverware.
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