mardi 7 avril 2020    || Inscription
BanniereNews
 
 

Les réseaux privés virtuels ne sont plus seulement utilisés dans des pays où la censure règne en maître. De plus en plus d’utilisateurs de par le monde s’appuient sur ces réseaux pour préserver leur intimité et pour accéder à des services, en particulier vidéo, impossibles à trouver dans leurs lieux de vie et/ou de travail.

Le personnage de Walt Disney Mickey avait coutume d’être présenté comme le premier citoyen du monde. Malheureusement, et en dépit d’Internet, cette possibilité ne reste qu’au stade de la bande dessinée, et peut-être est-ce souhaitable. Toutefois, de plus en plus nombreuses sont les personnes qui ne veulent plus être identifiées comme résidentes d’un pays particulier, soit par crainte d’écoutes de leurs conversations, soit par impossibilité d’accès à certains contenus censurés. Soit, tout simplement - et c’est de plus en courant - pour pouvoir accéder à des contenus réservés à une zone géographique. D’où le succès toujours croissant des Virtual Private Networks (VPNs).

Montesquieu à l'envers 

Au 17ème siècle, le génial Charles-Louis de Secondat dit Montesquieu dont les écrits servirent notamment à définir les principes des démocraties occidentales s’interrogeait déjà ironiquement : Comment peut-on être Persan ? Trois siècles plus tard, la formule pourrait être remise au goût du jour : Comment ne peut-on pas être Américain, Suédois, .., où que l’on vive.

Ce changement virtuel de pays est rendu possible par les VPN. Et aujourd’hui, ils ne sont plus seulement employés par les habitants de pays où la censure et le filtrage sont la règle : Chine, Iran, Turquie et quelques dizaines d’autres. En France déjà, l’arrivée de la loi Hadopi a correspondu à une recrudescence de l’emploi des VPN pour certains internautes désireux d’échapper à la surveillance faite par Hadopi. Aujourd’hui, l’emploi à des fins de masquage de ses activités sur Internet demeure la règle mais une autre dimension est apparue : le choix d’un VPN pour pouvoir accéder à des contenus géographiquement localisés. Et c’est tout particulièrement le cas de Netflix, Hulu, Pandora et quelques autres services de films ou de musique.

45$/an pour devenir américain

Quiconque a étudié un peu le catalogue français de Netflix connaît son indigence par rapport à son pendant américain, pour peu que l’on maîtrise la langue anglaise. Par ailleurs, Netflix existe en France mais pas dans de nombreux pays qui pratiquent la langue anglaise. La parade à ce problème est on ne peut plus simple : un VPN. 

Il existe des centaines de services de ce type mais celui qui remporte actuellement un succès démesuré est PureVPN. Pour 45$ par an, vous devenez virtuellement américain. L’entreprise propose ses services dans plus de 90 pays et affiche une croissance supérieure à 100% par an avec désormais plus de 200 millions de clients. L’entreprise est basée à Hong-Kong. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Hong-Kong demeure un endroit assez tranquille pour préserver l’espionnage, les Chinois se concentrant sur leur propre population. Notons d’ailleurs que c’est à Hong-Kong qu’Edward Snowden avait trouvé refuge avant de filer en Russie.

Chronologie plus adaptée

Outre la disponibilité d’un catalogue plus ou moins étendu, c’est également la durée à partir de laquelle une œuvre peut être disponible en téléchargement qui compte. C’est ce qui est appelé la chronologie des médias. Dans un monde d’immédiateté, où certains contenus sont disponibles en téléchargement illégal avant même leur sortie en salle ou en CD, attendre 18 ou 24 mois n’est plus tenable. Et comme le rappelle Tim Wu, professeur à la Columbia Law School cité par le New York Times : « L’industrie (audiovisuelle) dépend du fait que 95% de la population croit que la technologie est trop complexe pour eux. S’il existe un simple appareil qui fait cela pour les consommateurs, la notion de territorialité des acteurs de « l’entertainment » changera ». 

La technologie globalise tout

Si l’on ajoute que le niveau technique des internautes progresse jour après jour, il est évident que tout ceci va évoluer dans un sens peu favorable à ces barrières pseudo-géographiques.

Et au-delà du divertissement, le business s’empare aussi de ces considérations avec des logiciels accessibles dans le cloud et comme le rappelle un entrepreneur également cité par le NYT : « la technologie globalise tout. Aussi quiconque bâtit simplement une stratégie régionale ne réfléchit pas assez grand ».




Noter cet article (de 1 = Nul à 5 = Excellent) Valider

Dossier

RSS
12



Événements SSI