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Les révélations d’un parlementaire européen autrichien affirme que la BND, l’équivalent allemand de la NSA, a piraté quinze câbles optiques partant et arrivant en Belgique pour le compte de ladite NSA. Si elle est vérifiée, cette information ne ferait que confirmer le rôle zélote des Allemands après les accusations déjà portées voici quelques semaines et qui ont mis Mme Merkel dans l’embarras.

Pour paraphraser Hamlet, on se demande s’il n’y a pas quelque chose de pourri dans la république allemande. En effet, quelques semaines après des révélations quant au rôle trouble des services secrets allemands ayant espionné à-tout-va pour le compte de la NSA, un député européen autrichien, Peter Plitz, vient de jeter un nouveau pavé dans la mare lors d’une conférence de presse organisée dans l’enceinte du Parlement. « Le 1er mars 2004, le BND et les principaux opérateurs télécoms allemands ont signé un accord pour donner au BND l'accès à toutes les données télécoms. Cela a duré jusqu'à au moins 2008 », affirme t-il. Notre confrère de La Libre Belgique indique que M. Plitz a plus de 30 années d’expérience dans le contrôle parlementaire des services de renseignement mais qu’il n’a pas donné ses sources se contentant de brandir un document technique spécifiant les câbles concernés.

L'opération de piratage était effectuée à partir d'un “noeud” à Francfort. Le BND effectuait une copie des informations qui passaient par les câbles optiques, la donnait à la NSA qui ensuite extrayait les informations qui l'intéressait grâce à des “sélecteurs” comme des noms, des numéros de téléphone ou des numéros de carte de crédit.

Selon M. Pilz, la NSA aurait fourni fin 2005 au BND une liste de 255 lignes de transit qui l'intéressaient. Parmi celles-ci figurent quinze lignes partant de Belgique et allant vers des destinations comme Paris, Sarajevo ou Moscou. Ces lignes étaient opérées par Belgacom, aujourd'hui Proximus, en partenariat avec d'autres opérateurs.

Les autorités belges réagissent

Le ministre belge des télécoms, Alexander De Croo, a chargé les autorités compétentes de diligenter une enquête. « Si les services secrets allemands étaient véritablement impliqués, ce serait particulièrement piquant quand on se souvient de la réaction ferme de la chancelière Merkel après qu'il fut apparu que son téléphone mobile avait été mis sur écoute par les services de renseignement de la NSA. Merkel avait alors immédiatement téléphoné à Obama pour lui demander de plus amples explications. S'il devait apparaître que les informations faisant état de pratiques d'écoutes à grande échelle dans le chef des services secrets allemands étaient correctes, l'Allemagne devra à son tour fournir des explications", a réagi Alexander De Croo dans un communiqué.

Le ministre de la Justice Koen Geens a pour sa part indiqué que la Sûreté de l'Etat avait démarré une enquête. Celle-ci doit déterminer "si, et le cas échéant, dans quelle mesure la Belgique a réellement fait l'objet d'activités supposées d'espionnage". Et "les mesures appropriées seront prises sur base des résultats de cette enquête".




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