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Des documents révélés par Die Zeit montre les liens étroits entre la NSA et son homologue allemande la BFV, en particulier autour du programme de surveillance XkeyScore.

L’étau se resserre un peu plus sur les services secrets allemands et leur collaboration avec la NSA. Le quotidien allemand Die Zeit révèle que la NSA est venue en octobre 2011 faire une démonstration des possibilités du logiciel d’espionnage XKeyscore dans une ville bavaroise et que les homologues allemands ont été fortement impressionnés par les capacités, notamment les possibilités de récupérer les noms et mots de passe dans des logiciels et applications comme Hotmail, Yahoo ou encore Facebook.

Mise en place deux ans après la démo

XKeyscore s'étant montré très supérieur aux outils d’analyse dont disposaient les services allemands, le président de BfV, Heinz Fromm, a demandé cinq mois après à son homologue Kenneth Alexander, patron de la NSA, de pouvoir utiliser cet outil. La conclusion de cette demande prendra 18 mois supplémentaires le temps que les deux parties se mettent d’accord sur les droits et obligations réciproques.

Le document d’avril 2013 que s’est procuré notre confrère montre explicitement que les services allemands se sont engagés à partager le maximum de données avec la NSA en échange de l’utilisation du logiciel.

« Politiquement et légalement, cependant, cet accord est extrêmement délicat », écrivent nos confrères. « Personne à l’exception du BfV ne supervise quelles données sont envoyées à la NSA, une situation qui n’a pas changé à ce jour. Ni la Commission de Protection des données, ni une commission parlementaire, qui est responsable du contrôle de la BfV, n’ont été informés de cet accord ». Le député vert Hans-Christian Ströbele, membre de ladite Commission s’indigne. « une fois de plus j’apprends par la presse l’existence d’un nouvel accord entre la NSA et le BfV et le transfert inadmissible de données à un service secret américain ». Bien évidemment et comme à l’habitude, l’organisme a déclaré que ces pratiques étaient tout à fait légales et conformes à la constitution allemande, ce que la plupart des experts juridiques remettent en cause.

L’article ne remet pas en cause la nécessaire coopération entre des agences de renseignement de différents pays, en particulier des alliés, dans la lutte contre le terrorisme. Cependant, il déplore que personne n’ait été informé y compris les autorités de tutelle et surtout que l’agence refuse de donner la moindre information sur le volume et les pratiques. En particulier, l’agence de protection des données, équivalent de notre CNIL, aurait dû être informée et cela n’a pas été le cas. Ces nouvelles révélations jettent un peu plus le discrédit sur les pratiques des services secrets allemands et sur leurs liens avec les USA. Nos voisins d'Outre-Rhin étant particulièrement chatouilleux sur le point de la préservation de la vie privée et du stockage des données sensibles, il semble évident que l'affaire n'en restera pas là, particulièrement parce qu'elle s'ajoute à une longue liste de pratiques similaires révélées depuis plusieurs mois





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