samedi 4 avril 2020    || Inscription
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Après une analyse d’un journaliste de Gizmodo qui prétendait que le site Ashley Madison n'avait parmi ses membres pratiquement aucune femme, l’éditeur a contre-attaqué prétendant que c’était une « menterie » de plus. Las, lorsque l’on prépare une contre-offensive, il vaut mieux être solidement armé et ce n’est manifestement pas le cas.

Dans un premier article, notre consoeur Annalee Newitz analysait la base de données d’Ashley Madison et ne trouvait que 12 000 profils féminins sur les 31 millions de membres. Cet article accessible à cette adresse propose une analyse détaillée de la base, laquelle donnait 5,5 millions de profils féminins et 31 millions d’hommes. Le problème est que ces profils sont pour la plupart faux analyse notre consoeur, citant notamment l’exemple d’une employée portugaise qui a poursuivi l’entreprise pour avoir utilisé son profil pour créer 1000 faux profils de femmes en trois mois destinés à renforcer l’attractivité du site au Brésil. Cependant, obligée de travailler dans l’urgence, notre consoeur s’emmêle un peu les pieds dans le tapis de données et aboutit à plusieurs conclusions erronées. Passablement ébranlé par le scandale qui a conduit notamment à la démission du PDG Noel Biderman, Avid Media Life (ALM) voit dans ces approximations le moyen de redorer – au moins partiellement – son blason.

Un nouveau communiqué de victoire d'ALM

L’entreprise se fend d’un communiqué dans lequel elle explique que le nombre de clients continue à grandir et que près de 90 000 femmes se sont inscrites la semaine passée. Au total, 2,8 millions de messages émanant du beau sexe ont été publiés sur les plates-formes et le ratio était de 1,2 homme pour 1 femme. Bref tout est merveilleux dans le meilleur des mondes et c’est la raison pour laquelle Ashley Madison est le site N°1.

Mais cette défense pour le moins agressive (mais habituelle) n’a fait que renforcer les recherches des chercheurs en sécurité et une analyse plus poussée du code par Madame Newitz, lesquelles ont amené de nouvelles questions et de nouvelles contre-vérités de la part d’ALM.

Dans sa nouvelle mouture accessible ici, elle reconnaît s’être trompée sur le nombre de femmes réellement actives sur le site (12000) mais pour envoyer un nouvel uppercut dès la phrase suivante :  Ashley Madison a créé plus de 70 000 robots ayant des profils de femmes qui ont envoyé des millions de messages factices (plus de 11 millions), pour 40 hommes. Le papier montre comment les robots fonctionnent et « l’engagement » des hommes dans ces conversations.  De fait, l’entreprise réfléchissait également à engager des « vraies » femmes pour améliorer les conversations et les rémunérer sur les profits générés par les crédits dépensés.

Notons enfin que l’article propose une carte géographique dans laquelle il sera loisible de constater que la France figure parmi les pays dans lesquels les robots sont les plus actifs. Globalement, plus les jours passent, plus il semble qu’Ashley Madison et sa maison mère soient une gigantesque fumisterie pour ne pas dire une escroquerie. Dans ces conditions, on en vient à considérer que le hacking est dans certains cas une opération de salut public.




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