vendredi 13 décembre 2019    || Inscription
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Les deux groupes ont annoncé hier en conférence de presse un partenariat technologique sur la fourniture de solutions dites souveraines pour protéger les opérateurs d’importance vitale. Une annonce visiblement mal orchestrée, survenant dans un contexte de sensibilité extrême qui ne contribue pas à sa visibilité. 

Rendez-vous hier au petit matin dans un salon peu convivial de l’hôtel Novotel de Monaco pour une annonce pourtant fondamentale, celle d’un  partenariat technologique entre Cisco et Thales sur la fourniture de solutions dites « souveraines » pour protéger les opérateurs d’importance vitale. L’annonce, préparée à la va-vite, jette un trouble dont se sont fait l’écho, avec raison, notre confrère Emilien Ercolani et plusieurs autres journalistes sur la notion de souveraineté nationale. 

Selon la version officielle du communiqué de presse commun,
le partenariat prévoit les éléments suivants :

« L’hébergement des solutions apportées par Cisco et des informations relatives à la cybersécurité au sein des infrastructures informatiques de Thales ; 

L’étude et la conception d’architectures informatiques de confiance qui allient les produits et l’expertise des deux Groupes, et la conception pour lesopérateurs, de solutions de sécurité et de protection des données, le tout certifié par Thales ; 

La mise en place d’une plateforme de renseignement souveraine sur la cybermenace capable d’alimenter de façon proactive les sondes de détection, au fur et à mesure de l’évolution des cyberattaques. »

Ne pas être totalement naïf

Il n’en reste pas moins, qu’en plein contexte de LPM et de protection des intérêts vitaux de la nation, l’annonce, mal orchestrée, et mal vendue, jette un désarroi en pleines Assises : Le patron de l’Anssi lui-même avait appelé la veille de ses vœux une coopération internationale, sans, disait-il, et il avait plusieurs fois insisté sur le terme, être « naïf ».

Notre point de vue est que, en termes de protection des intérêts vitaux de la nation, et en pleine discussion des derniers arrêtés de la LPM, il ne faut effectivement pas être totalement aveugle. Même s’il y a sans nul doute une compréhension bien réelle des intérêts de chacun, le fait qu’un industriel fleuron de la cybersécurité française comme Thales annonce un partenariat avec un industriel comme Cisco sur des notions aussi sensibles que celle de la souveraineté nationale jette pour le moins un froid.

Lors du déjeuner qui a suivi avec d’autres industriels européens, aucun commentaire ne sera fait, et avec raison. Il a fallu revenir vers l’Anssi, qui se serait bien passée de cette explication de texte, pour tenter de comprendre. La position de l’Anssi, qui se doit d’être -et a été- parfaitement neutre sur le sujet, est la suivante : « il s’agit d’un choix industriel qui met en commun le meilleur des compétences de chacun », commente avec prudence une personne de l’Anssi. « Cela étant, nous allons regarder de très près la validité technique de la solution ». Discuter et travailler avec un partenaire ne veut effectivement pas dire être totalement aveugle sur l’intérêt bien compris de chacun. Depuis plusieurs années, la doctrine française est de travailler avec tous les partenaires souhaitables sans se faire jamais aucune illusion. Les intérêts géopolitiques se jaugent à long terme. La France a dans ce domaine probablement la même vision que les Américains…ce qui n’empêche pas d’être vigilant. 




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