Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat à l’Economie Numérique, s’est rendue dans les locaux de la Cnil pour affirmer son soutien à la lutte contre le spam et au rôle que doit jouer la plate-forme Signal Spam, qui présente une nouvelle mouture.

Les internautes français reçoivent près de 4 milliards de spam par jour. C’est intolérable et Nathalie Kosciusko-Morizet  tire la sonnette d’alarme. Il faut arrêter ce fléau.

Lancé en 2007, le service mérite bien d’être sous les feux de l’actualité. Le nombre de messages indésirables ne fait que progresser. Les internautes français reçoivent chaque jours 4 milliards de pourriels –ce qui représentent 90% des mails échangés- alors que seulement 19,7 millions de signalement ont été effectués depuis trois ans.

Selon la secrétaire d’Etat, l’heure est à la mobilisation : « Il y a un grand besoin de mobiliser l’internaute et lui offrir les moyens d’action. L’heure n’est plus au spam amateur, et il y a une vraie guerre à mener en termes de fraude, virus, et piratage » a déclaré la Secrétaire d’Etat.

Elle continue : « les données sur le nombre de spams envoyés et sur l’argent qu’ils génèrent tiennent compte des systèmes antispam existants. Il faut donc trouver autre chose ».

Jean-Christophe le Toquin, président de Signal Spam, précise de son côté : « nous plaçons l’internaute au cœur de la solution, et nous travaillons pour lui en faisant intervenir des acteurs, dont les autorités judiciaires. Et c’est plus efficace qu’avec un antispam traditionnel ! Il faut créer une communauté d’utilisateurs, et non plus de victimes » ajoute-t-il.

Signal Spam est composé d’entreprises comme Orange, SFR, ou encore ebay et paypal, d’associations comme l’Union des Annonceurs (UDA), l’Association des Fournisseurs d’Accès et de services Internet (AFA), et la Fédération du e-commerce (Fevad).

Par ailleurs, l’association Signal Spam a décidé de regrouper autour d’une même table les représentants de tout secteur concernés par ce problème : les fournisseurs d’accès à internet, les annonceurs, les sociétés de marketing direct, les éditeurs de logiciel et de messagerie et de sécurité, les acteurs du commerce en ligne et les autorités publiques administratives ou judiciaires. Depuis la loi sur l’économie numérique (LCEN), un courrier électronique de prospection commerciale ne doit être adressé qu’à des personnes ayant choisi librement de communiquer leurs coordonnées.

La Cnil doit veiller au respect de cette disposition. Un quart des 4500 plaintes qu’elle reçoit chaque année concerne du spam, et elle vient d’ouvrir en juin un service dédié.


Des observateurs avertis parmi les autorités de la police judiciaire en font partie : parmi elles, on peut compter sur la Befti (Brigade d’Enquêtes sur les Fraudes aux Technologies de l’Information et de la Communication). On peut aussi ajouter la Cnil.

Le fonctionnement de Signal Spam est simple : une fois le spam signalé, il est transmis vers les acteurs concernés. Des enquêtes ont cours, et la Cnil peut mener des actions auprès des entreprises concernées.

Mais la montagne de spams est gigantesque et les effectifs réduits. Une lourde tâche attend Signal Spam et la Cnil.



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