Les révélations d’Edward Snowden ont pour conséquence un ralentissement drastique des commandes de technologies américaines par les autorités chinoises pour les besoins publics. Un effet boomerang que certains avaient déjà prédit.

Nous l’avons évoqué à plusieurs reprises. Lorsque Apple, Facebook, Google, Microsoft et les autres poussent des cris d’orfraie à l’évocation des écoutes sauvages menées par l’agence américaine de renseignement NSA et ses affidés britanniques ou australiens, il ne faut surtout pas croire que ces glorieuses entreprises s’indignent uniquement par pures considérations morales. Non ! Si ces entreprises s'agacent c’est parce qu’elles ont bien compris que tout ceci était très très mauvais pour leurs affaires : à court, moyen et long terme.

Et le dernier rapport publié par Reuters ne devrait pas changer leur opinion, loin de là. En effet, l’agence de presse indique dans une récente enquête que Cisco, Apple, Intel, McAfee (appartenant à Intel) et d’autres ont vu leurs noms supprimés de la liste des marques pouvant être acquises par les services gouvernementaux chinois. L’une des principales victimes est l’équipementier réseau Cisco. D’autres comme Microsoft ou HP ont confirmé un tassement dans la croissance du chiffre d’affaires réalisé dans ce pays.

Certes, les révélations d’Edward Snowden ne sont certainement pas la seule raison. Les autorités chinoises cherchent également à pousser leurs propres fabricants. Dans le domaine des équipements de cœur de réseau, voilà qui pourrait faire les affaires de Huawei lequel, rappelons-le, a été banni des appels d’offres américains pour les équipements dits sensibles. Dans ce cas précis, on peut donc imaginer qu’il s’agit d’une mesure de rétorsion.

2 fois moins de références en sécur IT

Mais telle n’est pas la seule raison, en témoigne la réduction drastique des produits de sécurité. Le nombre de produits sur la liste d’approbation des équipements IT destinés aux ministères chinois a grandi de 2 000 unités pour atteindre près de 5 000 références. Mais cette augmentation est presque exclusivement au bénéfice de fournisseurs et produits locaux, précise Reuters. Le nombre de produits d’origine étrangère a baissé d’un tiers et de la moitié pour tout ce qui concerne la sécurité.

Les nouvelles régulations de l’Empire du milieu en matière de cybersécurité, obligeant notamment les fournisseurs de technologies pour les banques à fournir leur code source et à utiliser des algorithmes de chiffrement conçus en Chine va dans le même sens. Les fournisseurs américains se sont plaints de cette décision et ont écrit à l’Administration chinoise sans que cette missive ait eu un quelconque effet.

Globalement, les révélations d’Edward Snowden ne sont peut-être qu’un prétexte fallacieux (d’autant que les Chinois sont loin d’être innocents en matière de hacking) mais la baisse des ventes est réelle.
Toutefois, ce jeu peut s’avérer extrêmement dangereux. En effet, la croissance de la Chine dépend massivement de ses exportations, ceci en attendant que la demande intérieure ne prenne le relais à mesure que les populations locales s’enrichissent. Si ce nouveau protectionnisme en matière IT prenait de l’ampleur, il pourrait susciter des réactions en retour de la part des grandes entreprises américaines .

Qui a le plus à gagner et qui a le plus à perdre ? Telle est la véritable question de ce poker menteur.




Noter cet article (de 1 = Nul à 5 = Excellent) Valider

Dossier

RSS
12



Événements SSI